La Loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI, ou Loi Sarkozy) est venue compléter le dispositif juridique sécuritaire déjà entamé sous le gouvernement Jospin avec la promulgation de la Loi sur la sécurité quotidienne (LSQ) et poursuivie sous celui de Raffarin par la promulgation de la loi d’orientation et de programmation pour la justice (Loi Perben).
Ces dispositions juridiques, plusieurs personnes et associations l’ont déjà rappelé, menacent les libertés publiques et stigmatisent les catégories sociales les plus défavorisées, ciblant directement la jeunesse, les mendiants et précaires, les gens du voyage, les prostituées… Ces lois et ces pratiques exercées au nom de la sécurité, sont contraires aux droits de l’homme fondés sur la reconnaissance de l’individu. Elles sont contraires aux droits de l’enfant à la protection et à l’éducation. Réinventant le concept de “classes dangereuses”, elles sont enfin une véritable déclaration de guerre contre les pauvres, confondus ici, avec l’évolution actuelle des politiques familiales et de prévention, au sein de la cellule familiale et renvoyés à une totalité, à une non-humanité, privée de toute protection par le droit et livrée à la vengeance étatique, institutionnelle et sociale. Les familles les plus pauvres sont ainsi criminalisées, désignées comme coupable collectif.
Ces dispositions interpellent tous les intervenants (associations, juges pour enfants, enseignants, éducateurs spécialisés, assistantes sociales, intervenants institutionnels et autres...) dans leurs pratiques quotidiennes.
Ce groupe entend produire une réflexion et des pratiques de résistance à cette situation. Il s’agit, dans la durée, d’analyser les pratiques et les expériences et de répondre au défi éducatif tout en luttant contre une stigmatisation des familles qui naturalise l’inégalité. Ce groupe a pour but de réinscrire l’intervention sociale, juridique et associative dans sa dimension politique, d’en saisir toute la portée et d’intervenir dans le débat et dans les pratiques.
novembre 2002