A l’origine du réseau HCA
La détente par en bas
Les mouvements de paix en Europe dans les années 80.
L’Union des gauches à l’est, à l’ouest (et s’éteindra la brune peste) Et nous mettrons le mur à bas Ainsi soit-il Ainsi soit-il Et ça ira.
Wolf Biermann
A la fin des années 70 revient le spectre de la guerre froide. La détente s’était pourtant imposée les années précédentes entre les deux blocs, après la crise de Cuba, malgré l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie, la guerre américaine au Viêt-nam et les guerres du Proche-Orient. Les négociations américano-soviétique avaient créé un mécanisme d’encadrement de la course aux armements, les deux Allemagne avaient été reconnues et, malgré le mur de Berlin, la coopération économique se développait entre les deux blocs, les accords d’Helsinki de 1975 signés par les gouvernements de toute l’Europe (sauf l’Albanie), de l’URSS, des Etats-Unis et du Canada étaient venus en quelque sorte sanctionner le système de cohabitation entre les deux blocs.
Or cet équilibre semble menacé en quelques mois autour de 1978-1981 : l’URSS intervient en Afghanistan (1979), l’armée fait un coup d’état en Turquie (1980), l’expérience de Solidarnosc en Pologne commencée en 1978 est interrompue par la proclamation de l’état de guerre (1981), tandis que la révolution iranienne (1979) et le deuxième choc pétrolier qui l’accompagne, indique que certains phénomènes majeurs échappent aux règles de la bipolarisation mondiale.
C’est dans ce contexte que les experts ont noté le déploiement d’un nouveau modèle de missile soviétique, à la portée raccourcie par rapport aux missiles intercontinentaux pointés sur les USA. Ces missiles, baptisés SS20 dans la terminologie de l’OTAN, sont censés viser des centres de commandements ou de logistiques en Europe occidentale. A ce déploiement l’OTAN propose, en 1979, le contre déploiement d’autres types de missiles ; les fusées ultra-précises Pershing II qui seraient installées en Allemagne et des batteries de « missiles de croisières » déployées en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Grande Bretagne et en Italie, ces armes étant susceptibles de frapper des centres de commandement ou de logistique en Europe orientale. Ce projet de déploiement serait annulé en cas de retrait des SS20 soviétiques.
Cette gesticulation guerrière est plus politique que militaire. Par exemple les fameux missiles de croisière, avions sans pilotes télécommandés n’équilibrent pas, militairement parlant, les fusées nucléaires SS20, leur fonction est tout autre. Ces missiles de croisières seront d’ailleurs plus tard utilisés massivement comme armes conventionnelles en Irak ou en Yougoslavie... Leur comptabilisation est d’abord destinée à justifier d’un nouvel « équilibre » dans le grand jeu Est-Ouest. Mais la décision de l’OTAN prend place dans le contexte de tension que nous avons déjà évoqué, qui justifie une relance généralisée de la course aux armements. On parle aussi du développement de la bombe à neutron (arme nucléaire opérationnelle celle-là), puis plus tard quand la « crise des missiles » aura atteint un certain niveau, de « l’initiative de défense stratégique » américaine dite « guerre des étoiles », énorme projet militaro-industriel de bouclier antimissile spatial.
Tout semble indiquer donc qu’un nouveau chapitre de la rivalité Est-Ouest s’ouvre : une phase un peu réchauffée de la guerre froide. Les opinions publiques s’alarment et les différents acteurs politiques s’apprêtent à jour leurs partitions. Et effectivement, beaucoup reprendront les musiques des années 50, dans la rhétorique de la paix ou dans celle de la lutte contre le totalitarisme... Mais d’autres vont jouer sur un ton inédit...
L’allégeance individuelle des uns envers les autres
Une fraction considérable de l’opinion publique occidentale n’accepte pas la nouvelle escalade du surarmement et refuse le chantage à la menace de guerre. C’est évidemment le cas dans les pays de déploiement des missiles de l’OTAN, aux Pays-Bas (où les manifestations seront les plus importantes, proportionnellement à la population), en Belgique, Allemagne Fédérale, Italie, Grande Bretagne, mais le mouvement est aussi sensible en Scandinavie, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle Zélande... En Espagne, le mouvement va également mobiliser des foules considérables, contre un effet politique « collatéral » du nouveau contexte : l’adhésion du pays à l’OTAN. En France, le mouvement n’est pas négligeable non plus, mais se développe dans des conditions très particulières sur lesquelles nous reviendrons.
Ce mouvement est principalement occidental (ce qui fera dire au président Mitterrand « les pacifistes sont à l’Ouest, mais les missiles eux, ils sont à l’Est »), et lutte pour désarmement et tout particulièrement le désarmement nucléaire.
Effectivement, le mouvement est bien pacifiste au sens ou il lutte pour la paix. Mais il est à bien des égards différent des mouvements pacifistes qui l’ont précédé, il est original parce que, pour une bonne part de ces composantes, il ne se contente pas de lutter contre le surarmement mais de poser la question des causes de celui-ci. Il l’est aussi à certains égards par des formes relativement inédites de mobilisation.
En 1980, la Fondation Bertrand Russel pour la Paix britannique lance un appel pour le désarmement nucléaire en Europe où l’on peut lire « Il faut que nous commencions à agir comme si l’Europe unifiée, neutre et pacifique, existait déjà. Nous devons apprendre à orienter notre allégeance non pas vers l’Est ou vers l’Ouest, mais les uns vers les autres et nous devons négliger les interdictions et les limitations imposées par un Etat nation quel qu’il soit. » [1] Il ne s’agit pas de rhétorique mais d’un véritable programme d’action qui va être effectivement mis en œuvre par toute une mouvance qui se reconnaît dans l’esprit de cet appel Russell ou END (European Nuclear Disarmament).
L’allégeance individuelle des uns envers les autres signifie dans ce contexte des années de l’après 68 quelque chose de très précis. La mobilisation ne consiste pas seulement à adhérer à travers mouvements ou partis, à un vaste ensemble collectif, mais à participer, au plus près de son existence, en tant qu’individu ou groupe local, à l’action. C’est une déclinaison du « penser globalement, agir localement » qui est un des principes des partis écologistes qui commencent à émerger à l’époque.
Ainsi par exemple, les groupes locaux font voter par des conseils municipaux des résolutions se proclamant « zones libres d’armes nucléaires ». Les autorités ne s’inquiètent guère au début de ces motions verbales sauf que le mouvement fait tache d’huile et concerne toutes sortes de villes, des plus petits villages aux plus grandes métropoles, en Italie, aux Pays Bas, en grande Bretagne ou en Nouvelle Zélande, jusqu’à entraîner des régions entières. De même dans de nombreux pays, les gens vont s’organiser par professions ou groupes d’affinités, pour le désarmement : médecins contre la guerre nucléaire, supporters de foot, employés de banques, enseignants... soldats et même officiers généraux de l’OTAN pour le désarmement ! Le dessinateur néerlandais va symboliser le mouvement par une petite dame qui abat un missile à coup de pieds (on remplacera la vielle dame par toute autre figure identifiable, enfant, footballeur ou docteur...). En Allemagne de l’est, les mouvements indépendants vont utiliser comme symbole...une statue soviétique de l’époque stalinienne illustrant la parole biblique « de leurs épées ils forgèrent des socs de charrues » (Schwerter zu Pflugsharen) mettant les autorités dans l’embarras : faut-il interdire à des gens manifestement dissidents d’utiliser un symbole manifestement dans la ligne...
A coté des manifestations sous formes de défilés traditionnels (manifestations considérables en 1981 et 1983 impliquant des millions de personnes), se développe la symbolique des chaînes humaines (parfois longues de plusieurs centaines de kilomètres !) où chaque individu paraît à la fois plus vulnérable et plus engagé. Les gens n’hésitent pas à afficher leurs convictions sous formes de badges ou autocollants sur leurs voitures ou les fenêtres de leurs maisons. Ces actions peuvent être plus « musclées », quoique toujours non violentes : blocage, sit-in, camping permanent devant des bases militaires, etc.. De manière très significative, les mouvements féministes radicaux impriment leur marque à ces manifestations, au nom d’une certaine forme d’engagement personnel et politique, loin des images véhiculées auparavant de femmes pacifistes parce que « douces ». Les « femmes de Greenhams Commons » (la base de déploiement des missiles de croisière en Angleterre) seront emblématiques de ce combat.
En France, ce mouvement semble moins vigoureux que dans les pays voisins. La situation y est particulière du fait de l’indépendance supposée du pays par rapport au commandement de l’OTAN, d’une force nucléaire qui serait le symbole de cette idépendance et qui est soutenue par tous les grands partis (PCF et PS compris), d’une tradition pacifiste hégémonisée par un PCF peu en prise sur l’évolution des choses, d’une gauche « anti-totalitaire » en rupture avec ce PCF et qui stigmatise le « danger soviétique » (ce sera le thème d’une émission de Télévision « face à la guerre » présentée par Yves Montand), voire d’un certain nationalisme français qui s’inquiète du « pacifisme allemand » [2]... Pourtant les luttes du Larzac, dans la décennie précédente ont cristallisé ces formes d’engagement que les nouveaux mouvements de paix indépendants développent en Europe, alliant non-violence et imagination, engagement individuel et collectif. Et c’est à partir du Larzac que se formera le CODENE (comité pour le désarment nucléaire en Europe) formé par divers mouvements préexistants [3] dans l’esprit de l’appel Russel (END). De leur côté les organisations proches du PCF ou de la CGT, l’ancien « Mouvement de la Paix » et le nouvel « Appel des Cents » réussiront des mobilisations importantes mais, marquées par la culture de la guerre froide, n’évolueront que lentement vers la culture de la mouvance internationale END.
La division de l’Europe et du monde en deux blocs s’achève, les mécanismes de la guerre froide sont déjà réduit à cette « guerre imaginaire »
Ces « nouveaux mouvements de paix indépendants » vont se donner divers lieux de débats et de confrontations, notamment une coordination impulsée par les néerlandais du Conseil Inter-églises pour la Paix (IKV) et surtout les conventions annuelles END, vastes forums de plusieurs centaines de militants. Le simple énoncé des lieux où se sont tenues ces conventions est significatif de la trajectoire du mouvement : 1982 Bruxelles, 1983 Berlin, 1984 Pérouse en Italie, 1985 Amsterdam, 1986 Evry près de Paris, 1987 Coventry en Angleterre, 1988 Lund en Suède, 1989 Vitoria au Pays Basque, 1990 à Helsinki et Tallin (Estonie) et en bateau entre les deux, 1991 Moscou, 1992 retour à Bruxelles, la toute dernière manifestation END étant une petite conférence à Maastricht, lieu d’élaboration d’un traité bien connu...
Tirant le bilan de ces nouveaux mouvements à la suite de la convention END de Pérouse en 1983, l’historien britannique E. P. Thompson constatait « si nous nous posons la question dans la perspective du contrôle des armements, la réponse est facile, c’est : ...rien ». En effet dès cet époque, malgré les manifestations, l’implantation des missiles américains était acquise, risquant de provoquer d’autres « contre-mesures » soviétiques en plus des SS20. Et pourtant ajoutait immédiatement celui qui était l’un des rédacteurs de l’appel Russell, « mais si nous nous posons la question en termes politiques, alors la réponse est différente », « nous avons déchiré les voiles du consensus sur nos situations nucléaires et nous les avons exposées aux yeux de tous ; elles ont montré non seulement les armes mais aussi les principes de la guerre froide » et ceci impose à l’opinion publique dans les deux moitiés de l’Europe « la question d’une plus grande autonomie ». Les « idées du mouvement de paix non aligné ont pénétré très largement en Europe orientale et dans la pensée de soviétiques et, poursuivant le dialogue et la confiance des voix de l’Est nous ont répondu et influencé à leur tour ». Ce processus concluait-il, « est le signe que les vieilles pulsions de Guerre froide qui ont par moment divisé l’une et l’autre des forces de l’avenir - la paix comme « pro-soviétique », les droits de l’homme comme « pro-américain » - s’effondrent » [4].
Très vite en effet s’est développé un dialogue entre des mouvements qui peuvent paraître opposés dans leurs objectifs à court terme mais qui se retrouvent dans leur mode d’action et leurs principes éthiques, les mouvements de paix indépendants de l’Ouest et une partie de la dissidence démocratique de l’Est. Le lien s’est fait très vite avec de petits groupes de paix, « liberté et paix », groupes pour « la confiance », pour « le dialogue », etc.. en Hongrie, en Pologne, en Russie, dans les pays baltes et surtout en Allemagne de l’Est [5]. Des intellectuels dissidents de l’Est vont discuter avec les mouvements de paix occidentaux et participer aux conventions END, le russe Jaures Medvedev ou le hongrois György Konrad dès 1980-83, le polonais Jacek Kuron qui écrit à la convention de Pérouse, les tchècoslovaques de la charte 77 en particulier Vaclav Havel dont la lettre ouverte « anatomie d’une réticence » [6] est l’objet d’importants débats lors de la convention END d’Amsterdam en 1985. Dans ce texte, le dramaturge tchèque explique ce qui le retient d’adhérer à la logique du mouvement pour le désarmement si souvent instrumentalisé par le « camp de la paix » soviétique, mais il reconnaît en même temps partager une communauté de valeurs avec ce mouvement tout en s’interrogeant sur certain de ces thèmes (par exemple la dimension féministe du mouvement occidental) .
Ce débat est fécond, il concrétise une méthode pour parvenir à l’Europe réunifiée visée par l’appel Russell, la « détente par en bas », il permet de confronter des expériences qui, dans des contextes très différents, utilisent « la force des faibles », le « pouvoir des sans pouvoirs », « l’antipolitique » dont ont parlé György Konrad ou Vaclav Havel [7].
Alors qu’une partie du mouvement pour le désarmement s’essouffle devant une course aux armements qui semble devoir repartir de plus belle, une autre partie de ce même mouvement est consciente que la cause même de ce surarmement est en train de s’évanouir, que la division de l’Europe et du monde en deux blocs s’achève, que les mécanismes de la guerre froide sont déjà réduits à cette « guerre imaginaire » décrite par l’une des théoriciennes du mouvement, la britannique Mary Kaldor. Ces militants là préparent déjà « l’aprés ». Certains ont formé un Comité pour le Dialogue Est Ouest, qui suivant la proposition de Jaroslav Sabata et Jiri Hayek, deux fondateurs de la Charte 77 Tchécoslovaque, va travailler, en 1986-87 à « donner vie aux accords d’Helsinki » c’est à dire à faire comme si l’Europe unifiée existait déjà, à proposer un cahier de revendications pan-européen de la société civile [8], application « par en bas » des accords d’Helsinki (conclus entre les états d’Europe, d’URSS et d’Amérique du Nord en 1975). Ce faisant ils anticipent à peine sur les réalités : on retrouvera une partie de ces revendications affirmées dans la Charte de Paris créant l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en 1990 (les accords d’Helsinki réactualisés), mais beaucoup sur les mentalités : tous les responsables raisonnent encore sur la permanence d’une division Est Ouest que les militants de paix ont appris à « négliger ».
Ces derniers anticipent, en juillet 1988 ils décident de pérenniser leur action Est Ouest dans une organisation la Helsinki Citizens’ Assembly [9] fixant sa date et son lieu de proclamation : Prague, à l’automne 1990. Quand ils réuniront l’assemblée fondatrice de cette nouvelle organisation, ils auront participé directement à la chute du mur de Berlin [10], et l’un de leurs anciens interlocuteurs dissidents sera devenu président de la nouvelle Tchécoslovaquie.
Le bilan de cette décennie de luttes pour la paix en Europe demeure cependant mitigé. Quelques milliers de femmes et d’hommes auront su anticiper sur l’événement, et dans une certaine mesure l’influencer. Mais les fruits de cette expérience passionnante demeureront limités, les forces de gauche traditionnelles ou nouvelles, dans leur ensemble proche des mouvements de paix, n’en auront guère retenu les leçons et resteront relativement désarçonnées face au nouveau paysage européen au bénéfice des tenants de l’ultra-libéralisme. Pourtant beaucoup des militants de ces nouveaux mouvements de paix indépendants seront prêts à affronter les difficultés de la décennie suivante. Dès la convention END d’Amsterdam, en 1985, le sociologue hongrois Ferencz Misliwecz ne leur avait-il pas annoncé qu’au delà de la chute imminente du communisme s’annonçait le danger des conflits ethniques ?
Les méthodes de travail, les modes d’engagements, allaient être mis à l’épreuve non dans la lutte pour la paix, mais dans les luttes beaucoup plus difficiles contre les guerres (en ex-Yougoslavie, dans le Caucase, etc...). Une décennie supplémentaire plus tard, cet héritage demeure vivant : on travaille par exemple, au niveau des sociétés civiles, à développer « par en bas » le Pacte Citoyen dans les Balkans, là où le Pacte de stabilité des Etats marque le pas. Les Arméniens et les Azerbaïdjanais qui se sont retrouvés à l’initiative de HCA à l’assemblée de Bakou en octobre 2000 exercent aussi leurs « allégeances les uns envers les autres ».
Bernard Dreano
[1] Appel Russel pour une zone européenne sans armes nucléaires, Le nouveau mouvement de paix, Alternatives Non Violentes n°43, Hiver 1982.
[2] Sur la réalité du « pacifisme allemand » Ni rouges ni morts, Alternatives Non Violentes n°58, décembre 1985.
[3] Notamment le Mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté (MPDL), le mouvement pour une alternative non-violente (MAN), le Mouvement international de réconciliation (MIR), La ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, femmes pour la paix, le CEDETIM, les groupes qui vont former le parti des verts, etc.
[4] E.P Thompson : Au delà des blocs, L’Europe au delà des blocs, bulletin du CEDETIM n°22/23, hiver-printemps 1985
[5] Cf La paix vue de l’Est, Alternatives Non Violentes n°67, mars 1988
[6] Anatomie d’une réticence, publié en français dans Lettre internationale
[7] György Konrad : L’ Antipolitique La Découverte, Paris 1987, Vaclav Havel, : Essais politique,Le Seuil, Paris 1990
[8] Mémoradum « donner vie aux accords d’Helsinki », Lettre internationale n°
[9] Dont la branche française, également crée en 1990 est l’Assemblée Européenne des Citoyens.
[10] Sur les mouvements de paix Est-allemands et la chute du mur de Berlin, voir notamment Alternatives Non Violentes n° , Aufbruch 89, l’opposition démocratique est-allemande par elle même, Bulletin spécial du CEDETIM 1989, et Jacques Semelin : la liberté au bout des ondes, ed. Belfond 1997
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