Tsahal (les forces armées d’Israël), ne constitue pas seulement l’instrument de défense du pays, mais bien plus, un fondement essentiel de l’Etat et du rêve sioniste, quelque chose qu’aucun israélien ne peut contester impunément.
L’analyse très fine de Tamir Sorek permet de mieux comprendre cette prégnance idéologique, psychologique et matérielle de l’armée pour la société israélienne, et les témoignages recueillis par Fabienne Messica de mesurer l’audace de ceux qui ont « le courage de refuser » de servir l’occupation israélienne des territoires palestiniens (Cisjordanie et Gaza). Ces objecteurs « refuzniks » le plus souvent sionistes convaincus, parfois « post-sionistes » ou anti-sionistes, ils ont tous en commun le sentiment d’obéir à leur conscience, et plus encore d’œuvrer pour l’avenir du peuple israélien lui-même qui ne pourra impunément construire son avenir sur la perpétuation de l’injustice.
A cette enquête passionnante, Fabienne Messica ajoute quelques constatations qu’elle a pu faire après les visites de « refuzniks » en France, sur les réactions des uns et des autres, qui éclairent de manière particulièrement intéressante le débat actuel sur la judéophobie, l’islamophobie et les effets du conflit proche-oriental dans notre pays.
Moisson rouge, 244 pages, 18 €