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Associations de solidarité internationale, mouvement altermondialiste et sommets internationaux
Par Gustave Massiah, le 23 janvier 2004





Réponse à une question de FACTUEL, journal d’ANIMAFAC (associations étudiantes engagées dans la solidarité internationale) : "Quelle doit être la place des organisations non gouvernementales dans les sommets multilatéraux. Doivent-elles témoigner, participer ou représenter ?"

Depuis la Conférence de Rio sur le développement durable, il y a douze ans, tous les sommets multilatéraux se sont accompagnés d’événements parallèles. Ils sont organisés par des entités désignées sous les termes génériques et indéfinis d’ONG ou de société civile. Ils ont pris la forme de forums de discussion, de manifestations de rue avant que, d’un sommet à l’autre, les ONG ne soient associés à certaines délégations et même qu’on ne retrouve certains des participants des forums parallèles à des postes de responsabilités gouvernementales.
En quelques années, depuis cinq à six ans, le mouvement altermondialiste a modifié les représentations du système international. Dans la nébuleuse qui n’en reste pas moins intéressante des ONG et de la société civile, il a mis en avant les associations, au sens de ceux qui se regroupent « pour faire société » et les mouvements sociaux et citoyens. Les associations de solidarité internationale (ASI), en s’inscrivant dans ce mouvement ont affirmé leur rôle d’acteurs directs sur la scène internationale. Plutôt que de témoigner, de participer, de représenter, ce qui peut-être toujours envisageable selon les situations, il s’agit d’être capable de négocier. La négociation implique que l’on identifie les responsables des situations et que l’on soit capable de se faire reconnaître par eux. D’où l’importance d’analyser la situation, de définir des propositions et de construire des rapports de forces suffisants.
Les Associations de solidarité internationale ont, chemin faisant, défini leur méthode d’intervention autour de cinq propositions :
Les ASI peuvent articuler la mobilisation et la contestation frontale avec la négociation. C’est une condition préalable pour être écouté et pour développer les contradictions internes dans les institutions internationales.
Les ASI peuvent être à l’écoute des débats et des contradictions dans les institutions responsables et maintenir un débat critique, et public, avec tous ceux qui, par éthique de conviction, remettent en cause les conséquences sociales des politiques imposées.
Les ASI peuvent fonder les propositions sur une expertise citoyenne qui allie la compétence avec les revendications issues des luttes sociales et citoyennes et les pratiques sociales nouvelles, particulièrement au niveau local, portées par les mouvements citoyens.
Les ASI peuvent développer le partenariat entre les associations et les sociétés, comme un objectif et un moyen d’opposer des rapports nouveaux de solidarité, d’égalité et de coopération aux relations actuelles fondées sur les discriminations, les injustices et la domination.
Les ASI peuvent contribuer à la formation d’une opinion publique mondiale en refusant la fatalité de l’injustice, des guerres et de la domination ; en expérimentant des pratiques démocratiques et en affirmant dans le débat public qu’un autre monde est possible et qu’il faut gagner la liberté de l’inventer et de le construire.

Gustave Massiah
Président du CRID, Vice-Président d’ATTAC
23 janvier 2004




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Dernier mise à jour le vendredi 23 janvier 2004
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