Vers un Forum social mondial des initiatives pour la paix et la sécurité humaine en 2014 à Sarajevo (version provisoire)
Après la fin de la guerre froide les promesses d’un nouvel ordre mondial juste et pacifique n’ont pas été tenues. Dans ce monde globalisé, sur le terrain et dans les esprits, la guerre continue. Elle continue sous des formes diverses, elle est légitimée par des idéologies variées, des figures idéologiques ou des motivations cyniques : djihad, croisade, occupations, guerres civiles, guerre contre la terreur et les « terroristes », interventions « humanitaires », purification ethnique, lutte pour le contrôle des matières premières et des sources d’énergie, etc.
Les inégalités, concurrences, tensions, entre les nations et à l’intérieur des nations s’accroissent, et certaines sociétés sombrent dans le chaos. Même dans des pays censés vivre en paix se développent des rhétoriques belliqueuses et des formes de militarisation : militarisations de frontières continentales contre les migrants, compagnies privées de sécurité contrôlant des quartiers luxueux, lois et règlements d’exception, etc.
Localement, comme au niveau global, les sociétés civiles réagissent, face à la guerre, à la militarisation, à l’absence de sécurité, à la division. Toutes sortes de mouvements s’opposent aux réglementations d’urgence et aux lois répressives, agissent sur les causes des tensions, pour prévenir les conflits, pour y faire face, pour la réconciliation et la réunification des sociétés déchirées. Ils contribuent à la sécurité humaine et à la paix. Il ne s’agit pas seulement de manifestations pour la paix ou contre des guerres ou des agressions particulières, mais d’activités permanentes pour garantir une paix durable, la justice et la sécurité des personnes.
La sécurité humaine c’est d’abord la sécurité de chacun, face aux attaques extérieures comme intérieures, le respect des droits, la délivrance de la peur, la garanties face aux menaces (les sept menaces définies par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) depuis 1994 : sécurité économique, alimentaire, sanitaire, environnementale, communautaire, politique, personnelle, qui doit être assurée et protégée pour tous, conditions de la stabilité locale, régionale, globale).
Le premier Forum social mondial des initiatives pour la paix et la sécurité humaine a l’ambition de rassembler des militants agissant sur ces terrains, des chercheurs, des témoins, pour échanger leurs expériences et leurs analyses, concernant le passé et le présent, leurs actions locales et régionales notamment dans les zones de conflit, les activités des réseaux internationaux de paix et de solidarité.
Le premier Forum social mondial des initiatives pour la paix et la sécurité humaine se tiendra à Sarajevo, point de départ de la première guerre mondiale il y a juste un siècle, ville martyre de la guerre en Bosnie Herzégovine il y a vingt ans, capitale d’une société multiculturelle détruite mais qui se reconstruit aujourd’hui, au cœur d’une zone où, dans chacun des États, des hommes et des femmes s’efforcent de dépasser les stigmates des guerres qui ont accompagné l’éclatement de l’ancienne fédération Yougoslave, mais aussi, dans toute la région des Balkans, de lutter contre les nouvelles fragmentations sociales, politiques et idéologiques, aggravées par la crise économique globale du système, qui menacent la sécurité des personnes et peuvent générer de nouveaux conflits.
Ce premier Forum social mondial thématique des initiatives pour la paix et la sécurité humaine s’inscrit comme une initiative du processus du Forum, tel que défini par la Charte des principes de Porto Alegre, des initiatives globales (Forum social mondial) et régionales (projet de Forum Social des Balkans)
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Ce Forum veut rassembler des militants de la paix et des droits de l’homme venus du monde entier. En premier lieu des États issus de l’éclatement de la Yougoslavie et de tout les Balkans, de la Méditerranée et du Moyen Orient, de la Mer Noire et des pays issus de l’ancienne Union Soviétique, mais aussi du reste de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, d’Amérique du sud et du Nord, etc. et des autres continents.
Il a pour objet de créer un espace d’information, de débat, d’échange d’expériences et de pratiques communes, d’organisations d’actions, concernant un champ très large de sujets relatifs à la paix et à la sécurité humaine.
Parmi ces sujets en particulier :
- Agir face à la guerre, défendre la sécurité humaine, assurer la protection des personnes ;
- Le militantisme pour la paix, l’action non violente ;
- La lutte contre les idéologies bellicistes, racistes et xénophobes, éducation à la paix
- Les situations post-conflit, les processus de réconciliation, de justice transitionnelle ;
- La sécurité globale, la fin des occupations, les bases militaires étrangères, le contrôle et le pillage des matières premières ;
- Les mercenaires, la privatisation du monopole d’État de la violence, la militarisation des questions sociales (par exemple les migrations) ;
- Le désarmement nucléaire, le bannissement des armes de destruction massive
- Les campagnes contre le trafic et pour le contrôle des ventes d’armes, l’interdiction des mines et armes à sous munitions
- Les questions de l’impunité, du droit international, de la justice globale
- Etc.
Le forum n’a pas pour objet de se substituer aux réseaux existants locaux, régionaux ou globaux. Il a pour but de partager la réflexion, de consolider l’action de chacun, de faciliter les rencontres et les convergences entre mouvements, d’offrir un espace de débats et d’initiatives, permettant l’expansion de campagnes existantes ou la coordination de campagnes futures.
Nous prévoyons de rassembler dans ce Forum thématique plusieurs centaines de participants de tous pays, pour de trois à cinq jours d’ateliers et séminaires et des plénières, manifestations et activités culturelles ouvertes. Ceci devrait permettre de contribuer à un processus mondial permanent de dialogue et de mobilisation pour la paix.
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