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Gouvernance mondiale : un gel attentiste ? (ou : une expectative forcée ?)
Par Michel Levante le 30 juin 2012
Voir aussi : Bulletin du CEDETIM N° 009 été 2012
Au moment de boucler ce n°9 du bulletin, il est apparu une difficulté assez inhabituelle : celle de ne pouvoir trouver un édito qui corresponde particulièrement à une actualité internationale prioritaire. Que se passe-t-il ? Défaut de suivi, de sensibilité, de perspective sur l’une des rubriques majeures ?
N’y a-t-il pas quand même, en géopolitique notamment :
- des avancées ou des blocages durs suffisamment convaincants sur les printemps arabes (voir les articles répertoriés), que nous avions déjà noté d’ailleurs comme pouvant durer longtemps ?
- ou, à propos du récent Rio 20, derrière les jugements désabusés ou les cris de satisfaction, quelques éléments suffisamment notables pour ne pas être totalement décourageants ?
- ou, sur le G20, des avancées nouvelles dignes d’être relevées, (hormis l’intérêt soudain manifesté pour le développement du tourisme et du transport aérien, que certains pourraient assimiler à un renforcement planétaire de surveillance des mouvements de personnes) ?
- ou, sur l’Europe, quelques lueurs que la crise de l’éternel soldat dit « grec » pourraient inspirer à l’éternelle errance de nos dirigeants ?
- ou en France même, un virage politique susceptible d’entrainer des élans et des espoirs ?
- ou ailleurs encore des faits et avancées suffisamment marquants, (autres que l’extension continue de par la planète des mouvements contestataires de jeunes, ou de moins jeunes, encore bien peu analysés) ?
Que se passe-t-il donc pour qu’aucun thème ne pousse, à la veille de l’été, à la réflexion toujours bénéfique de devoirs de vacances ?
A moins que précisément ce manque d’élan ne traduise un mouvement plus général d’attentisme, de trouble, de gêne d’engagement de la part des principaux acteurs mondiaux, au moins en géopolitique, sur lequel justement il convient de s’interroger ? Les positions des acteurs auraient-elles évolué au point de les amener pour l’instant à un certain immobilisme sans que ce ne soit encore très perceptible ? Et serait-ce alors le fait dominant, qui mérite attention cette fois-ci : la gouvernance mondiale à l’arrêt, qui retient son souffle ?
Il faut bien reconnaitre qu’après le dualisme de la guerre froide, suivi d’une hégémonie capitaliste atlantique, les cartes bougent devant la montée croissante des insupportables et des oppositions désespérées ; l’ensemble du jeu tend à alors à se figer (pour l’instant) :
- le G7 (un 8 n’ajoute pas grand-chose), est entré en apathie, au moins publique,
- le G20, où la Chine reste encore à moitié sur le pas de la porte, voit ses contradictions continuer à se nouer, et par là sa superbe se perdre, calmant de ce fait ses ambitions,
- un G.77 ignoré, et de fait absent, se joignant à tous les Etats laissés pour compte,
- Une ONU tellement attaquée par les intérêts encore dominants qu’elle s’en trouve pas loin du gouffre de l’inaction,
- et la masse des peuples de la planète dont les ressorts de la révolte se tendent à la hauteur des injustices et des agressions, qui reste inconnue et donc à craindre.
N’est-ce pas à cela aussi, et aux risques de solutions brutales, qu’il nous faut alors continuer à attacher une attention toute particulière à cette période qui pourrait bien être une nouvelle phase de transition ?
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