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Accueil > Thèmes et Chantiers > (Alter)Mondialisation et sociétés civiles > Initiatives & Campagnes > Archives > 2011 World Social Forum > 2011 : Le Forum Social Mondial à Dakar > La construction d’un monde multipolaire

Monde multipolaire et transformation de l’Etat-nation
Par Martine Boudet le 22 mars 2011

I- Un contexte géo-politique en mutation

« Depuis plus d’une décennie, l’altermondialisme cherche (et se cherche lui-même en même temps) une stratégie visant à dépasser les défaillances des modèles traditionnels. Pour l’instant, il est encore caractérisé par une base disparate et sans lien sociologique (...) Cependant, il y a un élément fédérateur positif, celui de la citoyenneté et de l’exigence démocratique, et il y a aussi l’affirmation de plus en plus grande de la voix des peuples du Sud (…) qui modifie la manière dont sont appréhendées les contradictions du monde. Quelle nouvelle responsabilité nous incombe dans cette situation ? » [1]

Cette perspective se concrétise de manière significative : l’exigence démocratique est renforcée dans le monde et en France, sous l’effet des révolutions dans le monde arabe (en Tunisie, en Egypte, en Lybie...) et de l’onde de choc qu’elles créent à l’échelle internationale. Il s’agit d’une mutation d’abord culturelle dans la mesure où des peuples du Sud se libèrent de carcans ancestraux (patriarcaux, intégristes...) instrumentalisés par le néolibéralisme et deviennent des sujets agissants et créateurs, aux yeux de l’opinion internationale. A l’opposé des stérétypes réducteurs, largement médiatisés par les médias occidentaux, cette mobilisation est laïque, portée par une jeunesse branchée sur le monde environnant. Par ailleurs, même si la finalité panarabe, exprimée à l’occasion des indépendances, n’est pas explicitement formulée car ayant subi l’effet des contradictions internes et les revers des histoires nationales, elle reste objectivement au coeur d’une mobilisation qui ne connaît pas les frontières territoriales des Etats et se situe dans le cadre culturel et affectif des communautés du désert et de l’islam (la Umma). Cette mobilisation fait suite à celle qui se manifesta de manière plus discrète en Afrique francophone, suite à la chute du mur de Berlin : l’ère des conférences nationales souveraines (CNS) fit prévaloir dans ce cas une démarche authentiquement panafricaine. Le FSM de Dakar (février 2011), en terre du Sud, a consacré ces évolutions géopolitiques décisives.

Parmi les autres faits contextuels à prendre en considération, il y a bien sûr les transformations en Amérique latine et l’unification continentale sur la base d’une démocratie dite inclusive voire d’Etats pluri-nationaux (en Bolivie, en Equateur...), l’élection du métis Obama aux USA suivie de la fin de la guerre en Irak et de la mise en place d’un système de santé public dans la forteresse néolibérale, la mobilisation unitaire du Lyannaj en Guadeloupe et dans les Dom-Tom pour l’éradication du système de domination post-esclavagiste et post-colonial, la chute programmée de l’autocratie berlusconienne en Italie, sous l’influx des associations féministes et du combat contre la maffia...Tous ces faits procèdent d’une recomposition tendant à substituer à la stratégie belliciste et ethnocentrée du « choc des civilisations » impulsée par l’administration Bush et ses complices atlantistes et islamistes celle de la création d’un monde multipolaire, fondé sur le dialogue des cultures. Pour cette finalité altermondialiste objective, plusieurs stratégies sont à l’oeuvre, la médiatisation souvent instantanée via Internet des processus de transformation, l’unification des forces vives à l’intérieur des aires linguistico-culturelles (Amérique latine, monde arabo-berbéro-musulman,...), le combat pacifique pour l’obtention des droits démocratiques, pour une alternative progressiste au niveau du pouvoir d’Etat, pour de véritables indépendances à l’égard des métropoles.... Tous ces phénomènes concourent à créer des « cercles vertueux », permettant de remonter la spirale infernale des déterminismes géo-politiques et sociaux.

La sphère française et francophone vit globalement de son côté sous le sceau du reflux ou de la stagnation. A la série des remises en cause des acquis de « l’Etat-providence » (Etat social et de droit) et à la mise en place d’une politique structurellement xénophobe et fascisante en métropole à l’égard des immigrés clandestins, s’ajoutent les méfaits de l’Etat néo-colonial. En témoignent les remises en cause fréquentes des acquis des conférences nationales, les aspirations des peuples francophones à la démocratisation des Etats étant réprimées, à l’occasion d’élections truquées ou instrumentalisées : au Togo en 2009, au Gabon en 2010, en Mauritanie et en Côte d’Ivoire en 2010, en Centrafrique en 2011... A l’opposé d’un axe Obama-monde arabe qui joue actuellement une carte gagnante, l’axe Sarkozy-Françafrique est dans les faits réactionnaire. Suite à la chute de l’empire stalinien et de dictatures arabes, suite à la d écrue de l’impérialisme américain en Amérique latine, l’abolition du néocolonialisme francophone est l’objectif des peuples du Sud, comme le soulignent les Attac d’Afrique et des membres fondateurs tels Survie et le MRAP.

Au-delà, la lame de fond qui est née en Tunisie en d écembre 2010 ne s’arrêtera pas aux questions politiques ni aux portes de la Méditerranée : c’est la question essentielle d’un meilleur partage des richesses de ce monde qui est à l’ordre du jour et du droit, ce faisant, pour tous les peuples à un développement plus maîtrisé.

II- La crise des institutions républicaines

Dans le contexte de la crise systémique néo-libérale, la rupture quasiment consommée du pacte républicain instauré à la fin de la deuxième guerre mondiale institue une nouvelle étape de l’histoire française. Ce fait se traduit à plusieurs niveaux : le dispositif de contre–réformes mis en place dans de nombreux domaines de la vie publique conduit à une perte sans précédent de libertés publiques et d’acquis sociaux. Par ailleurs, la constitution d’une oligarchie qui gère l’exécutif au compte de la bourgeoisie d’affaires a provoqué la prolifération de délits politico-financiers. Du fait de cette gestion abusive, de nombreuses institutions et services publics se retrouvent souvent dans l’incapacité de remplir leurs missions républicaines : justice, médias, enseignement et recherche… A trois reprises, l’assemblée du peuple qu’est le Parlement a voté des textes engageant durablement l’avenir de la communauté nationale en opposition à la volonté majoritaire : le Traité européen de Lisbonne, le statut de la Poste, le régime des retraites. Les inégalités socio-économiques (en termes de salaires, d’impôts, de retraites, d’avantages divers…) s’accroissent de manière insupportable pour le plus grand nombre.

Cette situation conduit naturellement à reconsidérer les termes de l’exercice politique et à travailler à l’instauration d’une démocratie digne de ce nom. La vie politique ne peut plus se suffire d’une délégation périodique de pouvoirs complétée des tâches (para) syndicales de défense et de promotion des acquis républicains, elle nécessite aussi un contrôle efficient de la gestion des affaires publiques voire une intervention citoyenne ciblée, de type lobbyiste, pour leur réhabilitation. In fine, l’adaptation à cette nouvelle donne nécessite le dépassement des immobilismes corporatifs voire de compromissions de classe ainsi que la recherche d’alternatives idéologico-institutionnelles aptes à inverser la tendance réactionnaire actuellement dominante.

A- L’autoritarisme de la 5e République

A rebours du débat fallacieux car narcissique et ethnocentré sur « l’identité nationale » mené par les pouvoirs publics, c’est à une véritable psychanalyse collective que nous sommes conviés. En l’occurrence, la culture politique française est ambivalente, faite à la fois de progressisme social et d’autoritarisme impérial. La Constitution gaullienne, votée dans le sillage de la tragique guerre d’Algérie et des décolonisations partielles des pays d’Afrique francophone (1960) a renforcé le centralisme autoritaire du pouvoir d’Etat, doté de secteurs réservés exceptionnellement étendus pour une démocratie libérale à l’occidentale : absence de pouvoir et de contrôle parlementaires en matière de politique étrangère, de défense, d’énergie nucléaire, création d’un secteur privatif de « coopération » avec les pays anciennement colonisés, fondé sur la domination monétaire, militaire, économique, culturelle. La France est le 3e marchand d’armes et la 4e puissance nucléaire et économique du monde [2]. Elle est l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et ses dignitaires, de gauche comme de droite, sont souvent aux commandes des organismes internationaux : le FMI ( Michel Camdessus, D. Strauss-Kahn), l’OMC (Pascal Lamy). Concernant la gestion culturelle de l’empire, les institutions discrètes de la Francophonie sont d’abord au service de la métropole, comme le montre l’alternance des sommets franco-africains et francophones.

En un demi-siècle sous les auspices de la 5e République, l’alternance au pouvoir en faveur des partis de gauche n’a prévalu qu’une fois, avec l’élection de François Mitterrand en 1981. La tradition progressiste, héritière des combats révolutionnaires passés et du programme du CNR (Conseil national de la résistance), a subi le contrecoup de la chute des pays communistes de l’est, le déclin du stalinisme n’étant pas compensé par un renouveau idéologique de semblable ampleur. Comparé à la montée en puissance d’une extrême-droite, qui s’est imposée à la faveur du déclin du PC et de la crise systémique, le courant anti-libéral et altermondialiste reste encore marginal. A son actif est le vote majoritaire à l’encontre du TCE , qui fut le premier en Europe de votes de résistance aux plans néo-libéraux de démantèlement des souverainetés nationales et des acquis sociaux. Le réseau international construit à partir de la France par ATTAC est l’un des piliers des Forums sociaux mondiaux. Autre courant alternatif, la mobilisation écologique, animée en France par le combat emblématique à l’encontre de l’implantation des OGM en France.

La montée de l’extrême-droite qui a conduit à la catastrophe électorale de 2002 -invalidation du candidat de gauche à l’élection présidentielle- puis l’avènement du sarkozysme en 2007 s’expliquent du fait de facteurs multiples : c’est, dans le lourd contexte géo-politique précité, la résultante des crises conjuguées du néo-libéralisme et de l’Etat français qui ne parviennent plus à maintenir la part due au travail du fait de la prééminence d’une spéculation (inter)nationale devenue parasite. La gestion du locataire actuel de l’Elysée cristallise la réaction quasiment ultralibérale des milieux d’affaires à l’évolution du monde, singulièrement sur l’axe Nord-Sud, cela en l’absence de pondération suffisante du système des échanges. Cette réaction s’appuie sur les retournements stratégiques qui ont suivi la chute du mur de Berlin et leurs effets de bascule : création du G7 puis du G8 sur initiative française (Giscard d’Estaing), élargissement de l’Union européenne et de l’OTAN à de nombreux pays de l’Est ralliés au néo-libéralisme, constitution de la forteresse européenne suite au traité de Schengen, transformation des ACP-CEE en APE qui institutionnalisent un libre échange destructeur pour les économies et les agricultures africaines et menacent le continent de recolonisation…

B-La question néo-coloniale (bilan de la Coopération Afrique-France)

Dans ce contexte marqué par le monarchisme présidentiel (ou hyperprésidence) et par la prégnance de clivages politiques forts, la paix sociale est assurée en bonne part par le partage de la rente néo-coloniale. A défaut d’études officielles sur ce sujet, l’expertise citoyenne en est faite par l’association Survie, le CEDETIM, le CRID, Agir ici, qui préconisent la démocratisation des relations franco-africaines et au-delà des relations Nord-Sud [3].

La censure est telle sur la gestion néo-coloniale, ce « tiers-exclu » de la scène sociale qu’un historique de cette question s’impose. A la faveur de la fin de la guerre froide, la mobilisation des peuples pour la démocratie et le développement s’est coordonnée en Afrique francophone dans des Conférences Nationales Souveraines (CNS), tant au Bénin qu’au Congo Brazzaville, au Congo Kinshasa, à Madagascar, au Togo, au Niger, au Tchad [4] ; de même que dans des grèves générales et des mobilisations populaires (grève générale d’un an au Togo en 1992)… Les pays qui faisaient partie de l’ancienne mouvance bureaucratique, le Bénin, le Congo Brazzaville, Madagascar ont entamé un processus de démocratisation en même temps que leurs confrères de l’Est européen. De même que ceux qui sont peu convoités par la France et les puissances occidentales aux plans stratégique et économique tels le Niger, le Mali… En revanche, des pays réquisitionnés de longue date du fait de leurs richesses naturelles ou stratégiques, tels le Cameroun, le Gabon…n’ont pas connu de mouvement similaire de démocratisation et d’alternance au niveau de l’exécutif.

Dans un contexte international et panafricain, plus ouvert depuis les années 90 et marqué symboliquement par la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et la création de l’Union Africaine sur les ruines de l’ OUA, les peuples d’Afrique francophone ont donc conquis de haute lutte certains droits fondamentaux en matière de libertés d’expression, d’organisation syndicale, associative et politique ; dans de nombreux cas, la construction des Etats de droit et des sociétés civiles reste cependant entravée par la collusion de la Coopération franco-africaine, de l’Union européenne et des organismes financiers internationaux et du fait du manque de relais au niveau des mouvements sociaux et de la société civile française, en matière de médiatisation et de logistique. La réaction de la métropole à l’évolution historique s’est traduite par la corruption grandissante de ses cadres, incorporés dans une maffia communément appelée "Françafrique" [5] et "Maffiafrique" (quand celle-ci déborde des frontières francophones, par exemple en Angola…). Cette nébuleuse, qui échappe encore au contrôle politique des peuples et à la sanction des cours de justice (inter)nationales, est responsable de la stagnation voire de la régression de la situation politique : manipulation de chefs de guerre responsables de génocide, défini par la loi de "crime contre l’humanité" (au Rwanda en 1994),responsables d’assassinats de chefs d’Etat et de guerres civiles meurtrières qui détruisent les acquis sociaux et démocratiques et/ou menacent l’intégrité des Etats (au Burkina-Faso, au Congo Brazzaville, au Congo Kinshasa, en Côte d’Ivoire…), aide au maintien de dictatures parfois dynastiques qui menacent de guerre civile et de régression ethniste dans les pays qui ont majoritairement et pacifiquement opté pour la démocratie depuis deux décennies (au Togo, au Gabon, au Tchad…), de régimes autoritaires et liberticides au Maghreb (en Tunisie, en Algérie) , mise de la République d’Haïti sous tutelle occidentale après le rapt du président Aristide qui demandait la restitution du capital exigé pour la libération au 19e siècle des esclaves de Saint Domingue... Et cela, au détriment également de la préservation de l’environnement, pour le maintien de privilèges exorbitants en matière d’exploitation des richesses nationales : exploitation du gaz algérien, monopole de la compagnie ELF-TOTAL sur le pétrole congolais, camerounais, d’AREVA sur l’uranium nigérien, des grandes compagnies (Bouygues, Bolloré.. ) sur le patrimoine public ivoirien, sur les forêts camerounaises…

Depuis 2008, la crise économique générée par la spéculation sur les finances, les sources d’énergie, les produits agricoles… se traduit dans les pays du Sud par la flambée du prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité : en résultent de nombreuses mobilisations pour enrayer le cycle de la famine. Au Tchad, au Cameroun, au Burkina-Faso, aux Comores, au Mali…, le mouvement des peuples se heurte aux régimes françafricains et subit de nombreuses pertes en vies humaines et en infrastructures [6]. Résultat des courses, la famine sévit dans certains pays pourtant riches de matières premières tels le Tchad et le Niger et c’est Al lkhaïda (l’ACMI) qui, trop souvent désormais dans les pays du Sahel, est devenu l’interlocuteur de la françafrique.

III-Bilan et perspectives stratégiques

A- La question centrale de la démocratie

Etant donné les échecs répétés de mobilisations pourtant remarquables, concernant l’avenir du régime des retraites ou celui du monde universitaire, la question stratégique se pose avec acuité. Dans les faits, ces mobilisations se situaient dans le cadre de la perpétuation de l’Etat social et de droit issu des trente glorieuses, ignorant la face obscure et pourtant prépondérante actuellement de l’Etat néo-libéral, sous ses formes autoritaire , clanique, décadente et corrompue. Assumer la double réalité de l’Etat conditionne la sortie de cette spirale régressive :

« l’État néolibéral est un État fort, autoritaire et interventionniste, et non un « État minimal » selon l’idée souvent véhiculée par les libéraux, et par certains milieux progressistes et altermondialistes. Les promoteurs du néolibéralisme – Thatcher, Bush, Berlusconi, Sarkozy – ont tout mis en ?uvre pour renforcer le pouvoir de l’État en cherchant à affaiblir et à asservir tous les contre-pouvoirs : les syndicats, les médias, la justice, l’université – où les sciences sociales sont une source de l’analyse critique du système – sont asphyxiés par les réformes. De même, l’indépendance des banques centrales a été instituée pour asseoir le pouvoir des marchés et de la finance en éliminant tout contrôle démocratique sur la politique monétaire.

Mais l’emprise de l’État néolibéral ne s’arrête pas à l’économie ; elle va bien au-delà et agit également sur les personnes et sur la société. Il s’agit là d’un interventionnisme d’État beaucoup plus insidieux, nommé « gouvernementalité » par Michel Foucault [2]. Toutes les formes de pression sont mises en oeuvre pour amener les individus à se comporter comme s’ils étaient engagés dans des relations de transactions et de concurrence sur un marché [3]. Les institutions (hôpitaux, universités, etc.) sont contraintes d’agir comme des entreprises et d’être rentables. Les salariés du secteur public (infirmières, postiers, enseignants, policiers, etc.) sont sommés d’épouser cette rationalité néolibérale, ce qui vide de sens leurs métiers, et contribue à un nombre croissant de suicides et de maladies professionnelles. Là réside l’un des plus grands scandales de l’État néolibéral ! » [7]

Avec la lame de fond impulsée par les révolutions arabes, l’objectif démocratique présente l’intérêt de cristalliser les enjeux internationaux et nationaux de l’heure : comment restituer les avoirs des dictateurs aux peuples ? Comment imposer aux multinationales franco-occidentales une mise aux normes salariales et professionnelles dans les pays en mutation ? Au-delà de la question des compromissions de ministres avec les régimes dictatoriaux, quelle diplomatie et quelle politique de coopération menées avec les pays correspondants peuvent être sanctionnées par une commission d’enquête parlementaire (officielle ou parallèle), par exemple ? Quel est le bilan d’activités au FMI de DSK, candidat dit « naturel » et légitime du PS pour 2012 [8] ?..

La question démocratique traitée sous l’angle altermondialiste se concrétise, entre autres activités, par l’interpellation des membres de l’oligarchie de gauche comme de droite, le contrôle de leur gestion des affaires publiques, la sanction des dérives politico-financières et des conflits d’intérêt... Cette aspiration à la justice ne peut que rencontrer un large écho, comme le montrent les publications d’un media en ligne tel Mediapart.

Au plan national, la transformation de l’appareil d’Etat passe par la démocratisation et par la transparence des rouages étatico-administratifs, hiérarchiques et corporatifs, trop souvent courroies de transmission de l’autoritarisme politique de par la collusion croissante des équipes politico-financières et d’une partie de la haute fonction publique. Le suivi des Etats généraux du servic public peut être l’occasion de lutter contre les immobilismes et de dynamiser les corporations de fonctionnaires, dans le sens de la créativité autogestionnaire et de la transformation socio-professionnelle. Cette démarche permet de relayer une démocratie représentative dont la légitimité est compromise dans l’opinion. Cet objectif est particulièrement important pour l’Education nationale dont la régression à la fois structurelle, programmatique et pédagogique nécessite une réflexion alternative en bonne et due forme. En dépend l’avenir citoyen d’une jeunesse actuellement désorientée, en prise avec une sous-culture atlantiste dite people et avec la violence sociétale.

La question démocratique nécessite enfin une théorisation de l’Etat néo-libéral comme courroie de transmission des diktats des marchés et de la transition autoritaire que ceux-ci tentent d’imposer aux peuples européens. Cette question se trouvant au carrefour des revendications économico-écologiques et des enjeux médiatico-culturels, il s ’agit ce faisant d’équilibrer les deux volets, respectivement objectivistes et subjectivistes de la transformation altermondialiste. L’objectif étant de sortir de l’ombre portée par l’Etat-nation avec lequel le peuple de gauche cultive des liens de dépendance. Dans cet ordre d’idée, c’est moins la relation aux partis qu’il faut problématiser actuellement que celle qui relie à l’Etat-nation, dont le vampirisme menace de limiter l’activité politique à un bipartisme sommaire.

B- L’altermondialisme intérieur solution à la crise de l’identité nationale

Si le débat impulsé par les pouvoirs publics sur l’identité nationale a échoué, imposé qu’il était sur des bases nationalistes et xénophobes (par opposition et rejet des réalités culturelles de l’immigration non européenne) , il n’en reste pas moins vrai que la crise identitaire est un fait, qui s’inscrit dans le cadre plus large de la crise de la civilisation occidentale, centre principal du système néo-libéral. Dans un pays dont l’autoritarisme d’Etat est intériorisé, dont la gestion est ce faisant technocratisée et dont la politique néocoloniale fait l’objet d’un large consensus silencieux, il est nécessaire de réinsuffler des dynamiques fraternitaires et de solidarité (inter)nationale aptes à mobiliser entre autres la jeunesse et le monde universitaire. La médiatisation des événements qui se produisent au Sud est la première étape de cette régénération des aspirations à l’émancipation et à la transformation.

Seconde étape, la démocratisation des institutions qui passe par un changement d’alliances et par la prise en compte à leur juste valeur des enjeux géo-politiques et culturels des relations Nord-Sud. Témoigne de cette possibilité la réussite du peuple américain à s’émanciper de l’administration Bush et à assumer ses passifs tout comme la pluralité culturelle du pays et du monde. La naissance de la 5e République, rappelons-le, ayant coïncidé avec les décolonisations, cette communauté de destin nous est léguée par l’histoire.
Abolition du néo-colonialisme et de la xénophobie d’Etat, diversification et décentralisation culturelles, médiation interculturelle, promotion d’une francophonie des peuples et de progrès...tels sont quelques-uns des principes refondateurs du pacte républicain, pour qu’il soit en concordance avec l’évolution du monde. A l’opposé des dogmes du « choc des civilisations » et de l « identité nationale », ce processus de démocratisation culturelle nécessite des tâches d’éducation populaire rééquilibrant les termes de l’échange philosophique (entre sciences et cultures/humanités) et vulgarisant des outils méthodologiques et notionnels de la géo-politique et de l’anthropologie culturelle [9]. A titre d’exemple, le refus des démarches unilatérales et exclusives, la conjugaison de l’altérité sous ses différentes formes est l’une des conditions de l’accès à une intersubjectivité complexe, base d’une citoyenneté multidimensionnelle [10].

« Pourquoi, en ce siècle dit de l’unification du monde sous l’emprise de la globalisation des marchés financiers, des flux culturels et du brassage des populations, le France s’obstine-t-elle à ne pas penser de manière critique la postcolonie, c’est-à-dire, en dernière analyse, l’histoire de sa présence au monde et l’histoire de la présence du monde en son sein aussi bien avant, pendant, qu’après l’Empire ? Quelles sont les conséquences politiques, intellectuelles et culturelles de cette crispation et que nous dit-elle au sujet des limites du modèle républicain et de sa prétention à symboliser une manière d’universalisme ? Quelles sont les conditions intellectuelles qui pourraient faire en sorte que le vieil universalisme abstrait à la française fasse place à cette alternative que l’on n’a cessé de refouler : celle d’une nation véritablement cosmopolite, capable de poser en des termes inédits et pour le compte du monde dans son ensemble la question de la démocratie à venir ? » [11]

Lexique de référence

Géo-politique

  • Néo-libéralisme- Ultra-libéralisme (françafrique) - Néo-colonialisme (abolition) - relations Nord-Sud -deuxième indépendance-monde multipolaire
  • Etat-nation- pacte républicain (rupture) – oligarchie - autocratie- fracture sociale, générique et ethnique - affaires (délits politico-financiers )- contrôle de la gestion des affaires publiques-

Anthropologie culturelle

  • choc des civilisations vs dialogue des cultures/interculturalité et création d’un monde multipolaire : panarabisme, panafricanisme...
  • réactions (intégrisme islamiste, françafrique...) vs révolutions laïques et démocratiques
  • identité nationale vs altermondialisme intérieur : diversité culturelle, décentralisation, culturelle, francophonie des peuples, pluricitoyenneté, plutinationalité
  • capitalisme cognitif (économie de la connaissance) vs démocratie cognitive et culturelle-– interdisciplinarité – parité culturelle homme-femme
  • stéréotypes culturels vs éducation à l’inter-subjectivité- déontologie des médias

[1Pour sortir de la « Folle époque », il faut reconstruire une stratégie Jean-Marie Harribey (janvier 2011)

[2L’essentiel de sa production lui vient du Niger et à un prix défiant toute concurrence.

[3Gus Massiah, L’impérialisme français maillon faible ou supplétif ?(2002) http://www.reseau-ipam.org/article.php3?id_article=740.

Les prélèvements impérialistes [4] servent à compenser les effets tendanciels de la baisse des taux de profit et à diminuer la pression des affrontements sociaux sur le partage de la plus-value. Ils servent à financer des alliances de classes. Ils se traduisent par des arbitrages entre les fractions de la bourgeoisie, et par le financement de compensations pour les classes moyennes et une partie des couches populaires. Il n’est pas facile d’apprécier ces prélèvements. Le CEDETIM avait tenté, en 1977, une estimation. Il estimait alors que les surprofits impérialistes représentaient pour la France environ 20% de l’accumulation annuelle de capital productif. Leurs effets sont considérables sur les équilibres entre les fractions du capitalisme français et sur les rapports entre capitalisme français, européen et mondial. Ils ont joué un rôle déterminant dans la “ paix sociale ” pendant la période des trente glorieuses pour financer l’Etat-providence à la française. Ces surprofits sont aujourd’hui socialisés dans le capitalisme mondial, ils sont directement liés à la structure du commerce mondial. Il est probable que la part qu’en retire le capitalisme français reste très importante, même si elle a relativement baissé, par rapport aux autres capitalismes, américains, japonais, allemands et même aux capitalismes émergents du Sud. Les sources de surprofits méritent d’être précisées. La première est la sous-estimation des importations, particulièrement celle des matières premières ; elle provient des conditions de reproduction de la main d’ ?uvre dans les pays à bas revenus et du contrôle des essources par la domination politique et militaire ; elle représentait, pour la France, plus de la moitié des surprofits. La surfacturation des produits exportés est plus faible pour la France, bien que certains marchés restent protégés, mais le développement du commerce intra-européen et la concurrence mondiale ont réduit cette source de gains qui représentait environ 10% des prélèvements. Bien que le monopole de fait sur les technologies introduit des surprofits de fait dont les brevets, abusivement nommés droits de propriété intellectuelle, ne donnent qu’une faible idée. Le montant des profits rapatriés représentait plus de 20% des surprofits ; sans compter l’accroissement considérable de valeur des actifs locaux et les remboursements indus de dette qui en font aussi partie. Pour illustrer cette situation, rappelons que les bénéfices de TOTAL en 2001 sont de 7,7 milliards d’euros, supérieurs à eux seuls à toute l“ aide publique au développement ” française. Il faut aussi souligner les profits tirés de la main d’ ?uvre immigrée, particulièrement dans l’économie des coûts de formation initiale. L’exode des cerveaux joue un rôle de plus en plus important dans cette évolution. »

[4F. Eboussi Boulaga, Les conférences nationales en Afrique noire –une affaire à suivre- (Karthala, 1993)

[5François Xavier Verschaeve, La Françafrique, le plus long scandale de la République (Stock) - Noir silence,- qui arrêtera la Françafrique ?- (les Arènes, 2000)

[6Des centaines de morts et une capitale, N’djaména, partiellement détruite au Tchad suite à la répression en février 2008 par les armées d’Idriss Déby d’une rébellion armée et à la quasi-liquidation, à cette occasion, de l’opposition démocratique représentée en particulier par Ngarléjy Yorongar ; 100 morts au Cameroun et 2000 arrestations après des manifestations également en février 2008 contre la cherté de la vie et contre le projet présidentiel de modification frauduleuse de la Constitution, Paul Bya étant au pouvoir depuis des décennies et comptant bien se faire réélire aux prochaines élections de 2011, 170 personnes passées en jugement au Burkina Faso en mars 2008...

[7La vraie nature de l’État néolibéral par Dominique Plihon
Politis, n°1112-1114, 22 juillet 2010

[8Banque du Sud vs FMI/DSK (texte collectif Attac-2007) http://www.france.attac.org/spip.php?article10122

[9Economie de la connaissance-texte collectif d’Attac http://www.france.attac/spip.php?article9411

[10Francis Durpaire, historien, co-initiateur de l’Appel pour une République multiculturelle et postraciale, coécrit avec Lilian Thuram, Rokhaya Diallo, Marc Cheb Sun et Pascal Blanchard. www.pluricitoyen.com

[11Achille Mbembe, Sortir de la grande nuit (essai sur l’Afrique décolonisée), p. 93, La Découverte, 2010.




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Par Mireille Fanon-Mendès-France le 22 mars 2011

Forum Social Mondiale de Dakar
Pour le Forum Social Mondial de Dakar, le groupe "Cultures" du Conseil Scientifique a rédigé un dossier sur le thème de "la construction d’un monde multipolaire".
le 2 février 2011

Sur le Web, en lien avec le dossier 2011 : Le Forum Social Mondial à (...)

A l’occasion du Forum social mondial réunis à Dakar, la Charte Mondiale des Migrants a été proclamée à Gorée le 4 Février 2011 par l’Assemblée Mondiale des Migrants.
Dorénavant vous pouvez participer au processus du Forum Social Mondial 2010 sur le site En Route à Dakar : http://fsm2011.org.
Cette édition Spécial FSM Dakar 2011 (6-11 Février) apporte une première compilation des couvertures médiatiques (textes, vidéos, photos) effectuées par des véhicules dont les pratiques sont fondées sur le concept de Communication Partagée, construit et mûri au sein du FSM depuis l’année de 200 par des médias alternatifs de plusieurs pays, groupes, réseaux, collectifs, mouvements sociaux, institutions etc.
En outre, vous trouverez des articles d’évaluation et réflexion autour de l’événement de 2011, ainsi que des actions et projets qui seront pris au cours de cette année et de l’année prochaine. La visite en Tunisie après Dakar et le Calendrier des luttes, les actions proposées par les Assemblées de Convergence pour l’Action, qui ont eu lieu les 10 et 11 Février, n’en sont que quelques exemples. L’organisation de cette édition est une initiative du Bureau du FSM et de la Communication de Commission du CI-FSM.
Le Forum Social Mondial a lieu du 6 au 11 février 2011 à Dakar au Sénégal… et partout dans le monde du du 4 au 13 février 2011 !
Des milliers d’activités, de rencontres, de discussions, d’initiatives pour un autre monde possible
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- Bienvenue ! 11 décembre 2014

- Bienvenue ! 11 décembre 2014

- Bienvenue ! 11 décembre 2014

Ce portail d’information a été créé à l’initiative de plusieurs organisations de la société civile et médias indépendants français, dans le but de rassembler diverses sources d’information sur le Forum Social Mondial (FSM).
En réunissant des articles, reportages, interviews, photos et vidéos produits par différentes organisations et médias français, le portail donne à voir la vivacité et la diversité du FSM. Questions en débat, initiatives, propositions… le portail rassemble de multiples contributions pour imaginer et construire ensemble un autre monde.
Au dernier jour du Forum, l’heure est au bilan. Dans le contexte de crise mondiale et de crise de civilisation occidentale, dix ans après le premier Forum social mondial à Porto Alegre, deux ans après celui de Belem qui confirmait le dynamisme et l’extraordinaire diversité du mouvement altermondialiste en Amérique latine, celui de Dakar prouve que ce mouvement se renforce en Afrique.
Flamme d’Afrique est né dans le cadre d’un partenariat entre l’Institut Panos Afrique de l’Ouest, Enda Tiers-Monde, et le Forum Social Africain.
Il s’agit d’un quotidien évènementiel couvrant la participation de la société civile africaine aux événements internationaux.
Le dossier spécial sur la société civile sénégalaise. Indispensable avant le FSM !
Christophe Aguiton, Geneviève Azam, Nikolaz Berthomeau, Hélène Cabioc’h, Amélie Canonne, Maxime Combes, Nicolas Haeringer, Aurélie Trouvé et leurs invités vous racontent le Forum.
Les altermondialistes organisent la résistance face au pillage des terres africaines. Dans la banlieue de Dakar, des assemblées d’habitants et de paysans tentent de faire converger leurs luttes. Commencé dans la confusion, le forum a rassemblé environ 50 000 participants.
La course aux ressources naturelles, qu’elles soient énergétiques, minérales ou agricoles, s’amplifie. Les stratégies de prédation et d’accaparement s’intensifient. Avec leurs lots de guerres et de désastres sociaux, environnementaux et démocratiques dont sont victimes bon nombre de pays et de populations dans le monde. A Détroit en juin 2009, lors du Forum Social des Etats-Unis (compte-rendu ici), dans le cadre du projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org) et du programme Une seule Planète, nous avions réalisé une vidéo de 8 minutes qui fut initialement diffusée lors de l’Université du CRID à Pesac (Gironde – juillet 2009). A quelques jours du Forum Social Mondial de Dakar (6 – 12 février) où les défis autour des ressources naturelles seront largement discutés, et alors que nous sommes aujourd’hui confrontés aux projets d’extraction de gaz de schiste dans plusieurs régions de France et d’Europe, cette vidéo revient sur quelques-uns de ces débats :
Rendre compte du FSM de façon exhaustive étant impossible, Alter-Echos (www.alter-echos.org) a décidé d’interviewer Nnimmo Bassey, activiste du Nigéria et président des Amis de la Terre International, pour l’interroger sur l’importance de ce FSM en Afrique, sur les résultats du FSM quant à la construction d’un mouvement international pour la justice climatique et sur les prochaines échéances altermondialistes du G8 (26 et 27 mai à Deauville) et du G20 (3 et 4 novembre à Cannes) pour les mouvements français et européens.
Participent à ce blog :
Christophe Aguiton, syndicaliste et militant d’Attac
Geneviève Azam, économiste, membre du Conseil scientifique d’Attac écologiques, à attac)
Hélène Cabioc’h, militante à l’Aitec
Amélie Canonne, déléguée générale d’Attac
Nicolas Haeringer, rédacteur en chef de la revue Mouvements et membre de l’équipe de préparation du Forum social mondial de Dakar
Jeanne Planche, responsable du programme Une Seule Planète au Crid
Sophie Zafari, syndicaliste à la FSU
Aurélie Trouvé, économiste, co-présidente d’Attac
De la manifestation contre l’Agence européenne Frontex, symbole de la militarisation de la lutte contre les migrations, à l’adoption d’une Charte mondiale, sur l’Ile de Gorée, les migrants ont fait entendre leurs voix au Forum social de Dakar. Inlassablement, ils ont rappelé l’insoutenable réalité : depuis 1988, plus de 14.000 migrants sont morts aux portes de l’Europe.
Après le Con­seil inter­na­tio­nal du Forum Social Mon­dial à Mexico en mai, des mem­bres du comité d’orga­ni­sa­tion du FSM de Dakar ont fait une halte à Paris. Une ren­con­tre a été orga­ni­sée avec eux par le CRID dans les locaux de CCFD-Terre Soli­daire afin d’avoir un échange sur la pré­pa­ra­tion de cet évé­ne­ment et sur les liens à cons­truire ensem­ble d’ici au Forum Social Mon­dial de Dakar en 2011.
Une vidéo pres­que inté­grale et en 7 par­ties, en est con­sul­ta­ble dans la suite de cet arti­cle…
En route vers Dakar Amphi 1 le 9 juillet à 14h
Nous pensons également que de bonnes oreilles pourraient nous entendre un jour
PARTIR en vélo des pavés de la Place Stan’ de Nancy jusqu’au sable du Sénégal avec une visée solidaire...
Un vrai défi...
LES PEUPLES D’ABORD, PAS LA FINANCE - Face au G8, les 21 et 22 mai 2011 à Deauville - Face au G20, du 31 octobre au 5 novembre 2011 à Cannes
Au dernier jour du Forum, l’heure est au bilan. Dans le contexte de crise mondiale et de crise de civilisation occidentale, dix ans après le premier Forum social mondial à Porto Alegre, deux ans après celui de Belem qui confirmait le dynamisme et l’extraordinaire diversité du mouvement altermondialiste en Amérique latine, celui de Dakar prouve que ce mouvement se renforce en Afrique.
Différentes vidéo réalisées par les équipes d’ATTAC, permettant de reconstituer l’ambiance et les débats du Forum social mondial réuni à Dakar en février 2011.
A l’occasion du Forum social mondial réunis à Dakar, la Charte Mondiale des Migrants a été proclamée à Gorée le 4 Février 2011 par l’Assemblée Mondiale des Migrants.
Les « alters » ne sont pas moribonds… Bien au contraire  ! Alors que s’ouvre demain à Dakar la huitième édition du Forum social mondial (FSM), Gustave Massiah, membre de son conseil international, propose une stratégie altermondialiste, articulant urgences immédiates face à la crise et perspective 
de dépassement 
du capitalisme.
Interview de Nnimmo Bassey pour obtenir un premier bilan du FSM d’un militant infatigable de la justice environnementale et sociale au Nigéria et du point de vue des Amis de la Terre International dont il est le président.
Le Forum Social Mondial de Dakar s’est ouvert ce dimanche 6 février par une marche réunissant plusieurs dizaines de milliers de manifestants. Le souffle des soulèvements populaires en Tunisie, Egypte, Yemen, Algérie, etc… parcourait les cortèges et les slogans, mais aussi les interventions lors de l’acte inaugural de ce Forum Social Mondial qui débute ce lundi à l’Université Cheikh Anta Diop
Il y a ceux qui font la révolution aujourd’hui et qui sont en Égypte et en Tunisie. Il y a ceux qui souhaitent faire la révolution un jour et qui sont à Dakar.
Il y a ceux qui préparent le terrain des élections de 2012 et qui sont à Dakar, aussi.
Sur le Web, en lien avec le dossier 2011 World Social Forum

ESF strategy discussion, preparation of Paris meeting : 6.ESF evaluation, proposals for Paris ; contributions to analysis of crisis and actors ; strategy discussion
Sur le Web, en lien avec le dossier (Alter)Mondialisation et sociétés (...)

  • Qu’est-ce que le "processus du forum social" ? une initiative prometteuse de la société civile organisée à travers un monde troublé et injuste
  • Que faire dans ce site "espace commun" ? se joindre au processus , comme personne , affiliée ou non à une organisation , et agir en groupe pour preparer des activités/ initiatives/actions et publier des propositions/plans de changement social . Concrètement :
www.worldsocialforum.info est le centre virtuel des médias et de la salle de presse pour le processus du Forum social mondial de 2010 - un site de référence pour les journalistes et les médias à suivre les événements qui se déroulent tout au long de l’année.
Le projet "Médias communautaires, pour une information citoyenne", impulsé par le portail e-Joussour, le FMAS et cofinancé par l’Union Européenne, vise essentiellement à développer les médias communautaires au Maroc et dans la région Maghreb-Machrek et s’articule autour de deux axes...
La communauté des sites ressources pour une démocratie mondiale
La Coredem est ouverte aux organisations, réseaux, mouvements et médias qui font de leurs expériences, de leurs propositions et de leurs analyses, des outils au service de sociétés solidaires, durables et responsables.
Nouvelle adresse où sont affichés quotidiennement des textes pour la discussion et réflexion.
En plus du processus du FSM lui-même, ce qui nous a encouragé à reorganiser notre blog ça a été le désir de soutenir et même d´avancer le débat qui a eu lieu en janvier de cette année à Porto Alegre. Ils´agit, donc, d´un outil mis à votre portée pour partager des textes ou papiers qui soutiennent l´élaboration collective vers "un autre monde possible".



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