Anaït Bayandour 1940-2011
Anaït Bayandour était née le 15 février 1940 à Erevan (Arménie). Diplômée de l’institut Gorki de littérature de Moscou, elle s’était fait connaitre pour ses talents de traductrice, permettant aux russophones d’accéder aux œuvres de grands écrivains arméniens comme Hrant Matevosyan, ou Aghasi Ayvazyan.
Militante pour la démocratie à l’époque l’URSS, elle a fait partie de ceux qui luttaient pour les droits civiques et nationaux des habitants de l’Arménie soviétique et notamment pour les droits des femmes. Alors que, dans le contexte de l’effondrement de l’URSS et des indépendances des pays du Sud Caucase, les guerres faisaient rage dans la région (entre Azéris et Arméniens, autour de la question du Nagorno-Karabakh), en décembre 1991, elle a, avec d’autres, lancé un appel pour la paix et organisé des caravanes de paix en Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan.
Elle rejoint, en 1991 à Bratislava, le réseau Helsinki Citizens’ Assembly (HCA, crée à Prague l’année précedente), et participe au développement de HCA dans le Sud Caucase, en Arménie, Nagorno Karabakh, Azerbaïdjan et Géorgie. La même année, en pleine guerre, elle participe à Erevan à l’accueil de l’autobus pour la paix Bakou-Erevan organisé par HCA, puis se rend elle même à Bakou. Elle contribue ensuite activement au réseau de libération d’otages et prisonniers mis en place par les comités HCA azerbaïdjanais et arméniens. En 1993 elle reçoit pour ces actions, avec l’azerbaïdjanaise Arzu Abdulayeva, le prix Olof Palme pour la paix 1992.
Les années suivantes, elle demeure extrêmement active pour maintenir le dialogue entre azerbaïdjanais et arméniens et contribuer à de nombreuses rencontres et notamment des séminaires de jeunes pour la paix dans le Sud Caucase. Elle participe également à des initiatives de dialogue arméno-turc, et lutte contre toutes les formes de racisme, de discrimination, d’atteinte aux droits humains en Arménie, dans le Sud Caucase, les pays d’ex-URSS et dans le monde. Elle se bat pour la liberté d’expression et la démocratie dans son pays l’Arménie, en particulier lors des évènements sanglants de mars 2008 et des élections présidentielles aux résultats contestés. Elle n’avait cessé depuis de réclamer la libération des prisonniers politiques toujours emprisonnés
Elle avait supervisée en 2003 la publication du livre I am the Solace to the World in the Form of a Woman (je suis la consolation du monde sous al forme d’une femme), publié en arménien, russe et anglais par l’éditeur de Erevan Zangak-97.
En mauvaise santé, elle n’avait pas pu participer à notre réunion célébrant les 20 ans de HCA, à Istanbul en octobre dernier,
Dans sa nouvelle Un jour translucide Hrant Matevosyan demande « Pourquoi êtes vous tristes et pourquoi êtes vous heureux ? ». Nous somme triste qu’Anaït nous ai quitté, et heureux parce que fort de ce qu’elle nous laisse.
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