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Fragmentation et recomposition politique et sociale, initiatives de la société civile et solidarité
Faire société en Irak ?

par Bernard Dreano
1er juillet 2010 

Début mars les électeurs irakiens
ont désigné leurs députés lors du
deuxième scrutin parlementaire depuis
l’invasion américaine et la chute
de Saddam Hussein. La participation
a été meilleure qu’en 2005, quand les
sunnites avaient en majorité boycottées
les élections. Quelques dizaines
de personnes ont été tués lors d’attentats
perpétrés par des groupes
se réclamant d’al Qaïda, qui avaient
promis la mort pour les 10 millions
de votants.

La situation devient-elle « normale »
après des décennies de tragédies et
d’horreurs ?

L’Irak « libanisé »

Les résultats des élections sont
symptomatiques de la fragmentation
de la société. Le découpage des
circonscriptions a favorisé les grandes
coalitions.

La coalition du Mouvement national
irakien (Iraqiya List) d’Iyad Allaoui
(ancien Premier ministre entre mai
2004 et avril 2005) a précédé de
quelques milliers de voix la Coalition
de l’État de Droit formé par le Premier
ministre sortant Nouri al-Maliki,
chacune recueillant le quart des suffrages.
L’Alliance nationale irakienne
chiite et l’alliance des partis Kurdes,
avec respectivement 20% et 15%
des voix peuvent faire pencher la balance
en faveur de l‘un ou de l’autre.
Les consultations publiques et négociations
discrètes sont en cours
pour constituer le gouvernement et
elles peuvent durer des semaines,
d’autant que chacune des coalitions
est hétérogène.

Le succès relatif de la liste d’Iyad Allaoui
est présenté comme celui des
« laïcs », ou des anti-confessionnalistes
 ; il est vrai que cette coalition de
Faire société en Irak ?
Fragmentation et recomposition politique et sociale,
initiatives de la société civile et solidarité
20 mouvements politiques comprenait
aussi bien les libéraux de l’Entente
Nationale (le parti d’Allaoui), le
Front national irakien sunnite, le petit
parti démocrate chrétien, le front
turkmène (Turcs d’Irak), d’anciens
communistes, (le parti Communiste
Irakien se présentait sur la liste Unité
du peuple), d’ancien baasistes (l’exparti
de Saddam Hussein), etc. Pourtant,
bien qu’Iyad Allaoui soit lui-même
chiite, les scores de sa coalition
restent très modestes dans les zones
à majorité chiite (10% à Bassora, 8%
à Nadjaf), mais très élevés dans les
quartiers sunnites de Bagdad ou la
province sunnite d’Anbar (73%).

La coalition de 36 partis de Nouri
al-Maliki, s’est présentée comme
multiconfessionnelle, elle comptait
par exemple dans ses rangs Khaled
Saadi Yavar al-Dalimi l’un des leaders
des groupes de résistance anti-américains
sunnites ralliés au régime ,
mais elle était dominée par le parti
islamiste Dawa, chiite, dont al-Maliki
est issu. Elle fait 48% des voix dans
la province chiite de Nadjaf et 56%
dans celle de Bassora, talonnée par
la coalition de l’Alliance nationale
irakienne ou se retrouvent les chiites
radicaux partisans de Moqtada
al-Sadr mais aussi Ahmad Chalabi
l’ancien protégé de Georges W. Bush
 ; cette alliance obtient 41% des voix
à Nadjaf et 31% à Bassora (mais les
deux coalitions font moins de 12%
en Anbar). Le chef chiite radical Moqtada
al-Sadr, retiré en Iran et qui
s’était tenu à l’écart de la campagne
électorale, vient d’appeler à l’organisation
d’un référendum pour designer
un Premier ministre « incontestable
 ». Il se met ainsi, en apparence,
au dessus des « tractations » tandis
que la quarantaine de ses partisans
élus parmi les 70 députés de l’Alliance
nationale irakienne lui assure
une vraie capacité de négociation, et
lui permet de s’affirmer face aux partis
chiites traditionnels, le Dawa ou
même son partenaire de l’Alliance, le
Conseil suprême islamique irakien.

Dans les provinces du Kurdistan au
nord du pays, l’alliance de partis
kurdes traditionnels, le Parti démocratique
du Kurdistan (PDK) de Massoud
Bârzânî et l’Union patriotique
du Kurdistan (UPK) de Jalâl Talabânî
(qui est également le Président de la
République d’Irak), obtient 42% des
voix à Souleimania, 68% à Erbil, 80%
à Dahuk, ceux qui pas voté pour eux
n’ont pas voté pour les trois coalitions
« arabes » mais pour les islamistes locaux
ou des dissidents de l’UPK.

La polarisation confessionnelle chiite-
sunnite et ethnique arabe-kurde
demeure donc très forte, en tout cas
dans les urnes.

A bien des égards l’Irak d’aujourd’hui
se retrouve structuré politiquement
comme le Liban, c’est-à-dire selon
des clivages confessionnels et ethniques,
combinés à des micro-clivages
locaux claniques et tribaux. Divers
chefs de milices, hommes d’affaires
ou leaders tribaux ont négocié des
places éligibles au sein de l’une ou
l’autre coalition.

Une société éclatée par la combinaison des guerres

La fragmentation de la société, le
repli sur sa communauté, son clan,
son quartier, sont évidemment le
résultat des tragédies qu’a subit la
société irakienne pendant plusieurs
générations.

Le régime baasiste, installé au pouvoir
après 1968, et contrôlé totalement
et brutalement par Saddam
Hussein après 1979, s’est appuyé sur
la minorité sunnite (et plus particulièrement
sur les sunnites originaires
de la ville de Tikrīt), en confrontation
ouverte avec les Kurdes et les Chiites.
En novembre 1979 Saddam Hussein
a attaqué l’Iran alors en pleine révolution
islamique (Chiite). La guerre
va faire plusieurs centaines de milliers
de morts irakiens (et plus de
victime encore en Iran). Les mouvements
chiites interdits sont réprimés
(l’appartenance au parti Dawa est
punie de mort), tandis que l’armée
irakienne pille le Kurdistan d’Irak et
gaze la population de la ville kurde
de Halabja (opération Anfal - le Butin).
La guerre avec l’Iran s’achève en
août 1988. Pendant tout le conflit le
régime avait été soutenu par les occidentaux
(et d’abord par les Etats
Unis et la France) et les pétromonarchies
(et d’abord par l’Arabie saoudite),
mais ce soutien cesse à la fin
de la guerre et le pays est au bord
de la faillite. Saddam décide alors
d’annexer le riche Koweït voisin (été
1990) avant d’en être chassé par la « 
tempête du désert » de la coalition internationale
dirigée par les Etats Unis
et mandatée par l’ONU. La révolte
chiite qui suit et écrasée dans le sang
par la Garde Républicaine de Saddam
(l’unité d’élite qui n’a pas été engagée
au Koweït), tandis que la révolte
kurde bénéficiant, contrairement aux
chiites, d’un certain soutien international
(français notamment) aboutit
à la séparation de facto des régions
kurdes du Nord Est.

Le régime s’est maintenu, mais il est
au ban des nations. L’embargo de
l’ONU dans des conditions imposées
par les Occidentaux provoque la
mort de centaines de milliers d’enfants,
pour cause de malnutrition,
et le développement massif de la
corruption. L’unité nationale est
ébranlée, les structurations tribales,
devenue de moins en moins influentes
dans la société sous l’effet de la
modernisation sont réactivées, notamment
dans la parie sunnite de la
population Saddam Hussein profite
de ces phénomènes qui fragmentent
la population, pour maintenir
son pouvoir sur l’ensemble du pays
(Kurdistan excepté).

La « troisième guerre du Golfe », celle
déclenchée par Georges W Bush
pour renverser Saddam Hussein, déclenchée
en mars 2003, était censée
s’achever en mai… en fait c’est une
véritable combinaison de guerres
qui commence à cette date, contre
l’occupant (américains, anglais, polonais,
italiens, etc.), menée principalement
par des milices sunnites
locales d’une part, les milices ultrasunnites
liées à al Qaïda d’autre part
(un courant jusque là inexistant qui
tire partie de l’occupation), et parfois
les milices chiites, qui se combine
avec diverses formes de guerres civiles
locales, provoquant de nouvelles
ruptures dans la société, des exodes
internes (entre Chiites et Sunnites à
Bagdad, Arabes, Turkmènes, Assyriens
et Kurdes dans le Nord, etc.)
et externe (des centaines de milliers
d’irakiens se réfugient à l’étranger, en
Syrie, en Jordanie, en Occident…, un
mouvement qui affecte particulièrement
les intellectuels et les petites
minorités, chrétiennes notamment).
Parallellement un régime civil irakien
s’installe, appuyé sur les Kurdes et surtout
sur les mouvements chiites qui
composent avec l’occupant (Dawa,
Conseil suprême islamique…) même
si les principaux dirigeants chiites ont
d’excellent rapports avec les Iraniens
que les américains considèrent par
ailleurs comme un ennemi principal
 ! Tandis que les sunnites, principales
victimes de la dé-baaasification, paraissent
marginalisés.

Cette « combinaison de guerres » va
durer de manière intense, avec des
dizaines de milliers de morts, jusqu’à
2007-2008, et la période dite du « 
réveil » (Shawa), ou la majorité de la
guérilla sunnite se rallie au régime,
isolant les extrémistes d’al Qaïda. La
paix n’est pas tout à fait revenue (affrontement
entre clans, conflits ethniques
larvés au nord, poursuite des
attentats d’al Qaïda), mais la situation
sécuritaire et sans commune mesure
avec l’horreur des années 2004-2006.

Le pays est éclaté, politiquement
morcelé, toujours frappé par la violence,
subissant l’occupation étrangère,
les ingérences des pays voisins,
les pétromonarchies et les régimes
arabes pro-occidentaux d’une part,
l’Iran d’autre part. Le niveau de vie
encore très inférieur à ce qu’il était
il y a trente ans, avec un Etat qui n’a
pas encore de vraie légitimité, une
corruption généralisée, Pourtant la
reconstruction de la société est en
cours.

Il est intéressant de constater qu’à
l’intérieur du cadre politique actuel,
nombre d’électeurs ont malgré tout
manifesté leur volonté de change3
ment. Comme le remarque le journaliste
Ali Kareem les électeurs
semblent avoir préféré de nouvelles
têtes, de très nombreux députés sortant,
y compris des ministres, ont été
éliminés, n’obtenant pas le quotient
électoral nécessaire pour être élu,
certains étant cependant repêchés
par le système de répartition des
listes. Au total près des 4/5 des 350
députés sont nouveaux ! Comme si
les électeurs signifiaient qu’il était
temps de renouveler une classe politique
jugée incapable de remettre le
pays sur pied ?

Les actions de la société d’en dedans

C’est dans le contexte que nous venons
de décrire que se développe le
projet de soutien aux organisations
de la société civile irakienne, mis en
oeuvre par le réseau pour un Irak au
futur démocratique (Iraq Democratic
Future Network
- IDFN) et Alternatives
(Canada) avec ses partenaires
d’Initiatives pour un autre monde
(IPAM, France) et du Forum des alternatives
Maroc (FMAS).

IDFN regroupe seize associations irakiennes
d’origine et d’activités diverses,
mouvements de femmes : Ligue
des femmes irakiennes , Renouveau
des femmes irakiennes, de jeunes :
Union générale des étudiants en Irak,
Fédération de la jeunesse démocratique
irakienne, de défense des droits
de l’homme et des minorités : Association
nationale pour la défense des
droits de l’Homme en Irak, Association
Assurbanipal des chrétiens assyro-
chaldéens, Société de bienfaisance
de la minorité religieuses des
sabéens , syndicales : Confédération
des syndicats irakiens membre de la
Fédération syndicale internationale,
associatives diverses : le réseau des
ONG d’Irak IKKN, des associations
culturelles, sportives… rassemblant
des femmes et des hommes, des arabes
et des kurdes, des sunnites, des
chiites, des chrétiens, etc. unis dans
une volonté de changement démocratique
et pacifique.

IDFN n’est évidemment pas le seul
regroupement d’organisation de la
société civile irakienne, de multiples
formes d’auto-organisations et de
mouvements sociaux, de syndicats,
associations, communautaires, religieuses,
laïques, à dimension locale
ou nationale, se sont développées en
Irak ces dernières années, certaines
très fermées et exclusives, d’autres
ouvertes et démocratiques.

L’action d’Alternatives et de ses partenaires
n’est évidement pas la seule
activité d’ONG étrangère en Irak, et,
sans aucun doute, pas la plus importante
si on la mesure par son volume
(en termes financiers, en termes de
nombres de personnes impliquées,
etc.). Depuis l’invasion du pays en
2003 et la chute de la dictature de
Saddam Hussein, beaucoup d’argent
international a été dépensé dans le
pays, avant tout pour faire la guerre,
et dans des proportions bien moindres,
pour « développer » le pays, et y
« implanter » la démocratie. L’argent
de cette « coopération » a parfois
permis la mise en oeuvre d’action de
reconstruction matérielle ou culturelle
ou d’aide humanitaire utile,
mais il a malheureusement aussi servi
à financer des actions définies et
imposé de l’extérieur, sans rapports
avec les besoins principaux des irakiens
ou leurs aspirations, ou très
souvent en rapport avec les intérêts
de certains, détournant l’aide par ma
corruption ou l’instrumentalisant
pour des stratégie de pouvoirs partisans
ou sectaires.

Le projet dont nous parlons répond à
des demandes des organisations de
la société civile elle-même. Celle-ci
ne sont pas des artefacts crée par le
soutien extérieur, des « Fongos » (Foreign
organized NGO) dépendant des
donateurs, mais des mouvements
enracinés dans leur société, retissant
les fils d’une société fragmentée. Le
soutien extérieur ne finance pas des
centaines d’expatriés pour faire « à la
place », il aide à faire.

Des soutiens sont par exemple apporté
à des microprojets, mis en
oeuvre en général par plusieurs associations.
Un bon exemple et la
campagne pour arrêter les violences
faites aux femmes, campagne multiforme,
initiée au départ avec les
organisations d’étudiants et de femmes
dans des universités, puis qui se
développe dans d’autres milieux. De
nombreux mouvements, et pas seulement
les organisations de femmes,
luttent pour les droits des femmes,
en réclamant notamment le retour à
la loi « de statut personnel » de 1959,
qui garantissait des droits minimaux
même si elle n’était pas toujours respecté
sous Saddam, et l’abolition
de l’article 41 de la nouvelle constitution
« démocratique » qui confessionnalise
le statut des femmes et les
place sous tutelle.

Autre exemple, l’aide apporté à l’Association
de soutien aux familles des
martyrs et des disparus. Une organisation
des femmes devenues veuves
du fait des guerres ou de la répression
de Saddam. 2,3 millions de femmes
sont dans cette situation (près
de 9% de la population), beaucoup
sont marginalisées, sans aide ou
prise en charge des institutions publiques
ou communautaires Près de
9 millions de personnes dépendent
directement du sort de ces femmes.

La coopération avec les organisations
d’IDFN est un projet partenarial
entre égaux et pas une relation verticale
entre « bénéficiaire » et « prescripteur
 ». L’une de ces dimensions
consiste à partager compétences et
expériences, en Irak ou ailleurs (par
exemple en Europe, au Canada, au
Maroc), au moyen de séminaires ou
rencontres de travail internationales,
de stages de membres d’association
irakienne dans des associations
d’objets similaires (organisation e
femmes, d’étudiants, syndicats, etc.)

Il existe évidemment d’autres initiatives
de coopération avec les mouvements
sociaux irakiens développés
dans le même esprit, par exemple
avec des organisations comme Un
Ponte Per (Italie), Nova (Espagne),
War on Want (Royaume Uni), IKV-Pax
Christi (Pays Bas), le Réseau Euro-méditerranéen
des droits de l’homme,
etc., et des organisations irakiennes
comme l’association de secours populaire
Al Amal, ou le Réseau d’action
non violente La’ONF (crée en
2005, implanté dans tout le pays ce
réseau a organisé une première réunion
internationale en novembre
2009 à Erbil).

Il s’agit aussi de faire connaitre les
initiatives de la société civile irakienne,
et même de les défendre,
cette visibilité et à cette solidarité
lors donnant plus de force, face aux
risques de mise sous tutelle ou d’instrumentalisation
par les clans et les
pouvoirs locaux ou nationaux irakiens
ou étrangers. C’est dans cette
esprit qu’a été organisé par exemple
la première conférence de solidarité
avec la société civile à Rome en mars
2009, et que de nouvelles rencontres
sont prévues en Irak, à Paris ou
ailleurs.

Ces initiatives pour « refaire société »
à l’échelle d’un groupe, d’une localité,
d’une région, du pays rencontre
de multiples obstacles, qui « atomise
la société » au profit de regroupement
cloisonnés et hostiles les uns
aux autres et de la marginalisation
ou du départ des plus faibles ou des
plus exposés. IDFN, par exemple,
considère que ces actions associatives
multiples, qui amènent les gens à
coopérer, sortir de leur isolement ou
de leur repli sectaire, sont à la base
même du processus de réconciliation
indispensable au sein du peuple
d’Irak, le fondement même d’une
société démocratique en construction.
« Réconciliation », « Démocratie
 », des mots, des slogans, utilisés ad
nauseam par les leaders qui cherchent
de tirer partie du résultat des
élections pour assurer leurs réseaux
de pouvoirs, ou par les tutelles financières
et militaires occidentales. Des
objectifs que des hommes et des
femmes d’Irak, loin des mots et des
slogans, tentent de faire exister dans
la réalité.

Le résultat du combat sociétal de
ces hommes et de ces femmes n’est
pas assuré. Les mécanismes de fragmentation
et de confrontation sont
toujours actifs et peuvent être entretenus
de l’intérieur ou de l’extérieur.
Les bombes d’al Qaïda explosent
toujours, et la peur du voisin n’a pas
disparu dans les rues de Kirkuk ou de
Bagdad, les résultats pour le moins
balancés des élections peuvent favoriser
un certain équilibre des forces
au sein de l’Etat, (comme on l’a vu
maintes fois au Liban), qui, s’il ne favorise
pas – du moins à court termela
construction d’une administration
réellement unitaire, efficace et légitime
aux yeux de tout ces citoyens,
permet au moins le minimum de paix
civile favorable au travail de ceux qui
« refont société » et construise l’avenir.
Mais cette situation peut aussi
(comme on l’a aussi vu mainte fois
au Liban,) déraper vers des tentatives
de coup de force, ou de reprise
de guerre civile.

L’enjeu et énorme. Pour les Irakiens
bien sur, mais aussi pour toute la
région. Et, même très modeste à
l’échelle de ces enjeux, notre solidarité
avec les forces de la société civile
d’Irak, n’est pas sans importance.

Bernard Dreano

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