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Accueil > Thèmes et Chantiers > Collectif Total (ex-Elf) > Initiatives & Campagnes > Toujours Total (mais pas seul) : les sables bitumineux

Sables bitumineux : l’UE, complice du Canada ?
Par Maxime Combes le 20 mai 2010

Projection débat jeudi 20 mai à 19H au CICP 21ter rue Voltaire M° Rue des Boulets


Voir aussi : Article publié initialement sur le site de l’UCJS

Ce mercredi 5 mai se tient à Bruxelles un sommet UE-Canada. Les dérèglements climatiques sont au programme. Nous pourrions légitimement attendre de l’Union Européenne, en quête de leadership sur le climat, qu’elle interpelle vivement le premier Ministre canadien, Stephen Harper, qui sera par ailleurs l’hôte du prochain G20 (Toronto – 27 et 28 juin). En effet, le gouvernement canadien refuse toujours de s’engager sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre (GES) tout en facilitant l’extraction du pétrole le plus polluant de la planète dans les sables bitumineux d’Alberta.

Ainsi, le Canada, et par son entremise les lobbies pétroliers, exerce une forte pression sur l’Union Européenne pour qu’elle ne soit pas trop stricte et sévère dans l’application de sa directive sur la qualité des carburants qui prévoit que les fournisseurs de carburant réduisent leurs émissions de 6 % d’ici 2020. Alors que c’est déjà peu, leur objectif est d’empêcher que l’UE différencie les carburants en fonction des émissions de GES qu’ils suscitent, aussi bien par leur extraction que par leur utilisation. Le document de travail sur les modalités exécutoires de la directive qui affirmait noir sur blanc que le pétrole extrait des sables bitumineux est plus polluant[1] que le pétrole dit « conventionnel »[2] vient en effet d’être modifié (voir ici). C’est loin d’être anodin : appliquer le taux moyen au pétrole issu de ces sables reviendrait à légitimer leur extraction. Alertés par des ONG européennes (voir ici), quelques députés européens ont pris des initiatives parlementaires (voir ici et ici).

Ce ne sera pas suffisant pour mettre fin à la catastrophe écologique, sociale et humaine (voir cet excellent article) que constitue l’extraction de ce pétrole, qui fait du Canada le deuxième pays en termes de réserves, derrière l’Arabie Saoudite, et le premier fournisseur des Etats-Unis. Sous la forêt boréale, ce sont 170 milliards de barils qui, pour être transformés en pétrole lourd, nécessitent des quantités d’eau indécentes (4 à 5 barils pour un de pétrole), de gaz naturel (un demi baril pour un de pétrole) et rejettent trois fois plus de GES que l’exploitation du pétrole « conventionnel ». En causant l’équivalent d’une marée noire par an, ces pratiques détruisent la faune et la flore de manière spectaculaire tout en exterminant les populations autochtones victimes des maladies produites par la pollution des eaux, de l’air et des ressources issues de la pêche et de la chasse.

A l’occasion des Assemblées Générales des principales compagnies pétrolières européennes, des représentants de ces peuples sont en Europe pour interpeller l’opinion publique. Ils multiplient pour cela les actions de rue, comme ici lors de l’AG de BP. De son côté, Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale. Lors de l’AG de Total le 21 mai prochain, plusieurs initiatives seront prises, en présence de représentants de ces peuples amérindiens. Plus d’informations à venir.


[1] 107 grammes de CO2 par mégajoule d’énergie produite

[2] 85,8 grammes de CO2 par mégajoule d’énergie produite




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Sur le Web :

Rappel des enjeux et responsabilités avant le Sommet UE-Canada du mercredi 5 mai 2010.
Dossier sur le site Partage des eaux : "Relancée par la hausse du cours du pétrole, l’exploitation des sables bitumeux de la province d’Alberta au Canada entraîne une dramatique pollution des eaux et porte gravement atteinte à la forêt boréale et à l’environnement local, jusque là totalement préservé. Elle est dénoncée depuis longtemps par la société civile et les populations locales. Plusieurs actions ont été lancées ces dernières semaines au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, qui ciblent principalement les grandes entreprises pétrolières actives et dans la région et les banques qui les financent."
Total investit dans l’extraction des sables bitumineux, une catastrophe écologique et un non-sens à l’heure où la lutte contre les changements climatiques est plus que jamais d’actualité !


Sur le Web, en lien avec le dossier Collectif Total (ex-Elf)

Thomas Porcher, professeur en économie des matières premières à l’ESG-MS, vient de publier un ouvrage bref, didactique, érudit et profondément intelligent sur le modèle de l’entreprise Total : L’indécence précède l’essence. Enquête sur un Total scandale, chez Max Milo



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