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Censure chez Radio France
Réactions au licenciement de Miguel Benasayag de France Culture
, le 23 mars 2004





Laure Adler a licencié Miguel Benasayag, lui reprochant d’être "trop militant". De nombreuses réactions sont rassemblées ici.

Réaction d’Evelyne Sire-Marin, ancienne présidente du Syndicat de la Magistrature

Ceux qui appréciaient les chroniques quotidiennes de Miguel Benasayag dans les "matins de France Culture", à 8h30, s’appercevront lundi prochain qu’elles sont supprimées.

En effet, Miguel Benasayag a été licencié par Laure Adler, la directrice des programmes de France Culture, jeudi 18 mars et a fait sa dernière chronique ce vendredi 19 mars.

La chronique de jeudi s’appuyait sur le texte disponible ici, comparant le programme sécuritaire du Front National et les réalisations de N Sarkozy ; cette chronique finissait par un soutien à Albert Levy, dont le procès commençait jeudi matin.

La directrice des programmes de France culture a estimé que les chroniques de Miguel étaient trop orientées politiquement , et mentionnaient trop souvent les combats du DAL (droit au logement) ou du Syndicat de la Magistrature( comme ce fut le cas jeudi). Il faut savoir que l’une des chroniques précédant celle de Miguel Benasayag dans les "matins de France Culture"est celle d’Alain Gérard Slama, à 7h45, journaliste au Figaro, dont il n’est pas exagéré de dire qu’elles sont, elle-aussi, "très orientées" ! Mais l’orientation de droite n’en est pas une ; comme chacun sait, c’est l’expression du "bon sens"...

Ceux qui aimaient les analyses de Benasayag peuvent écrire qu’ils regrettent son absence à : Laure Adler, Directrice des programmes de France Culture, Maison de Radio France, 110 avenue du Président Kennedy, 75786, Paris, cedex 16.

Ils peuvent aussi acheter le dernier livre de ce philosophe/psychanalyste : La fragilité, éditions la Découverte, qui paraîtra la semaine prochaine.

Décidemment, les digues de la résistance à l’ordre sarkozien cèdent unes à unes...

E. Sire-Marin, syndicat de la Magistrature


Réaction de François Gèze

J’ai appris avec stupéfaction la décision de la direction de France-Culture de mettre fin à la chronique matinale du philosophe Miguel Benasayag. Motif avancé : "trop militant" ! Il est très choquant que France-Culture, qui nous avait habitué à plus de pluralisme, prive ainsi ses auditeurs d’une voix qui compte dans le mouvement altermondialisation, et bien au-delà. France-Culture est-elle en train de définir le nouveau "politiquement correct", au nom duquel les uns, comme Miguel Benasayag, seraient "trop militants", et les autres, comme les chroniqueurs Alain-Gérad Slama et Alexandre Adler, car d’un autre bord, ne le seraient pas ?

François Gèze
P-DG des Editions La Découverte.


Communiqué Cedetim

Exclusion de Miguel Benasayag
Le petit créneau horaire donné le matin à Miguel Benasayag sur France Culture a été supprimé du jour au lendemain.
Cette décision brutale et annoncée pour le seul motif de chroniques trop militantes étonne sans étonner.
Elle étonne parce que France Culture a une image d’ouverture et de pluralisme.
Elle n’étonne pas tant que cela, si l’on considère que France Culture, dans Radio France, se met naturellement au diapason des forces politiques dominantes et s’inquiète d’une parole libre, d’une chronique originale qui se met résolument du côté des luttes contre le déni des droits et surtout qui donne à entendre des analyses sur le sens et la portée de mouvements dont les media se font peu l’écho sinon pour les déformer spectaculairement.
Le CEDETIM s’associe aux protestations du DAL, de No-vox et s’élève contre une mesure répressive qui, au-delà de la personne de Miguel Benasayag, vise tous ceux qui aspirent à une parole plus libre sur les ondes.


Communiqué de « no-vox »

Paris le 22 mars 2004

France culture coupe la parole aux sans-voix

Laure Adler a mis fin vendredi à la chronique quotidienne de Miguel
Bensayag, lui reprochant d’être « trop militant ».

Tout les matins, sans mâcher ses mots , Miguel parle des Sans aux auditeurs
de France culture, il fait écho aux luttes et aux résistances, petites et
grandes , du peuple des opprimés et des laissés pour compte du
néo-libéralisme, chômeurs, précaires, sans papiers, mal-logés,minorités,
handicapés, immigrés, prisonniers politiques, etc. Ceux et celles dont on
parle finalement assez peu sur France culture, et ailleurs, autrement que
par charité ou bonne conscience.

Miguel est militant cela ne fait aucun doute, il est avec les « sans ».
Est-il plus « militant » que, par exemple, ceux et celles qui sur cette
radio défendent un monde produisant de la pauvreté et de l’exclusion ,ou
qui soutiennent les dernières guerres de colonisation ?
Cette chronique permettait chaque matin sur un média national de faire
entendre la voix des « sans ».

Laure Adler y a mis fin, elle a refermé cette petite fenêtre qui ouvrait
sur un autre monde, celui des « sans voix » et des alternatives.

Nous dénonçons cette sanction qui fait de France culture une radio de la
censure .


Communiqué du DAL

Paris le 22 mars 2004

France Culture réduit les mal-logés au silence

France Culture a mis fin à la chronique quotidienne et matinale de Miguel
benasayag, au motif qu’il serait trop militant.
Miguel Benasayag est philosophe, écrivain et militant, cela ne fait pas de
doute, car à de nombreuses reprises il a relayé les initiatives des
mal-logés du DAL et pris parti en faveur de leurs actions, ainsi que celles
des « sans-voix » en général .

Est ce une raison suffisante pour l’interdire d’antenne ?

Cette décision prise par Laure Adler nous concerne directement, nous la
regrettons et la condamnons comme une censure, car elle clos un des rares
espace qui existait dans les grands médias en faveur des mouvements de lutte
de mal-logés et de « Sans ».


Courrier de l’Union syndicale-G10 Solidaires à Laure Adler à propos du licenciement de Miguel Benasayag

Madame

Nous avons appris que France Culture a décidé de mettre fin à la chronique quotidienne et matinale de Miguel Benasayag, au motif que ses chroniques étaient trop militantes.

Miguel Benasayag est connu comme philosophe, écrivain et militant : il l’était déjà quand il lui a été proposé de tenir ces chroniques du matin sur France Culture ; cela nous semblait indiquer la volonté de France Culture de s’ouvrir sur la diversité sociale, et de refléter une pluralité de point de vue parmi ses chroniqueurs.

Cette décision brutale de mettre fin à cette chronique nous apparaît comme une censure politique contre une parole qui donnait de l’écho aux luttes sociales, aux résistances diverses, et prouvait un réel pluralisme des chroniqueurs.

C’est pourquoi nous vous demandons de revoir votre position et de permettre à Miguel Benasayag de poursuivre cette chronique.

Je vous prie de croire, Madame, à l’expression de mes salutations distinguées.

Annick Coupé, déléguée générale
Union syndicale G10 SOLIDAIRES


Courrier de Sonia Fayman (Cedetim) à Laure Adler à propos du licenciement de Miguel Benasayag

Madame Laure ADLER
France Culture, Maison de Radio France
110 Avenue du Président Kennedy
75786 PARIS Cedex 16

Paris, le 20 mars 2004

Madame,

Bravo ! Vous avez mis fin à la chronique matinale de Miguel Benasayag, libérant ainsi les auditeurs de l’écoute de propos polluant les esprits bien pensants et de considérations décidément trop orientées politiquement.
Il est vrai que cette chronique évoquait fréquemment des actions et des milieux totalement marginaux, par exemple l’association Droit Au Logement ou la Confédération Paysanne : qu’en a à faire un public épris de culture et de nobles idées ?

De même, les références à un féminisme qui réfute le bien-fondé de la toute nouvelle loi prohibant le foulard à l’école, les citations du syndicat de la magistrature, ce ramassis de gauchistes infiltrés dans les tribunaux, sont certainement incongrues sur les ondes de France-Culture.
C’est donc faire œuvre de salut public que de licencier Miguel Benasayag qui a cru à la liberté de parole dans cette France qui l’a sauvé des prisons argentines de la dictature.

C’est faire acte de civisme à l’heure de la grande bataille mondiale contre le terrorisme, qu’il soit armé ou intellectuel.
C’est aussi fort à propos, à trois jours des élections qui pourraient bien précéder un remaniement ministériel dans lequel de nouvelles places seront à prendre.

Encore merci

Sonia Fayman


Miguel Benasayag
Philosophe et psychanalyste, Miguel Benasayag est aussi
un ancien combattant de la guérilla guévariste en Argentine, où il a passé
plusieurs années en prison. Depuis son arrivée en France, à sa libération,
il réfléchit inlassablement aux moyens de rester fidèle à l’exigence de
liberté et de solidarité des luttes révolutionnaires passées, tout en
tirant les enseignements de leurs échecs et de leurs errements.

Auteur de nombreux essais (Utopie et liberté - 1986, Critique du bonheur - 1989, Cette douce certitude du pire - 1991, Du contre-pouvoir - 2000, Résister c’est créer - 2002), Miguel Benasayag observe l’émergence d’une nouvelle radicalité désireuse de changer la vie ."La résistance alternative sera puissante dans la mesure où elle abandonnera le piège de l’attente", proclame-t-il dans le "Manifeste du réseau de résistance alternative" lancé par son collectif "Malgré Tout". Depuis 18 mois, il animait une chronique quotidienne à 8h40 sur France Culture.

Miguel Benasayag présentera son dernier ouvrage, La fragilité, le 19 avril prochain à la maison de l’Amérique Latine.




Voir Aussi :

Dernier mise à jour le mardi 23 mars 2004
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