Féminisme et droits humains universels : une perspective
Des droits humains et de la guerre des civilisations... Conférence de Karine Gantin, animatrice d’AEC / IPAM à la Rabita des Oulémas du Maroc, Rabat, 24 octobre 2008, dans le cadre du lancement du Groupe international d’études et de recherches sur la femme en islam (GIERFI)
Je tiens d’abord à vous remercier pour votre invitation. C’est un grand honneur pour moi que de partager ce moment important des débuts du GIERFI. Permettez que j’y décèle, non sans émotion, un signe de connivence avec les fondatrices de ce nouveau groupe de réflexion, une connivence à la fois amicale, intellectuelle, politique, et peut-être aussi spirituelle. Ma présence parmi vous s’explique également comme une nouvelle preuve de l’hospitalité musulmane envers l’étranger, une attention envers l’autre qui puise ses racines dans le savoir-vivre ensemble et une spiritualité profonde. Il faut y voir enfin, très certainement aussi, l’indice que le GIERFI se positionne dès ses débuts non seulement dans la perspective d’un débat interne à l’islam, mais aussi, en outre, en tant qu’acteur sur la scène internationale du féminisme et plus généralement de la vie des idées.
Nous cherchons, toutes et tous, l’absolu. C’est notre pente humaine naturelle depuis l’enfance. Une pente ascendante. Mais aussitôt que nous le cherchons, nous nous trouvons pris en étau dans les contradictions, les paradoxes, les violences, de ce monde. Des violences « absolues », pour ainsi dire, consensuelles, et que nous définissons parfois comme crimes contre l’humanité ; c’est là notre cadre de référence commun à l’intérieur duquel nous pouvons en théorie agir et négocier entre tous. Un deuxième niveau de lecture du monde est celui des violences dénoncées par certains, mais légitimées par d’autres pourtant au nom de circonstances atténuantes ou de principes supérieurs ; la mise en exergue de ces violences-là est l’objet même du politique, qu’il s’agisse de passes d’armes verbales ou de passes d’armes réelles... Du moins le débat est-il ici explicite. Et puis, enfin, il y a des violences totalement tues, qu’on appelle parfois des non-dits, et dont le non-dit même peut être violence. Elles sont les plus difficiles à faire surgir politiquement, parce que précisément elles sont l’angle mort de notre champ de vision collectif, qui les repousse à sa marge, hypocritement ou inconsciemment. Les frontières entre ces trois niveaux de violences, et d’action nécessaire, ne sont pas étanches. Elles se modifient selon les époques, les pays, les groupes humains, et au gré des rapports de force et des batailles politiques...
Je crois profondément que les atteintes aux droits et à la dignité des femmes relèvent de trois catégories à la fois. Or, ces trois catégories ne sont pas égales entre elles. La première, celle des violences repérées comme absolues, et donc corollairement des normes universelles consensuelles et contraignantes, nous ne devons jamais perdre de vue que, si nous n’en faisons pas le soubassement des deux autres plans d’action, le reste pourrait vite n’être qu’un château de cartes qui s’effondre... Voilà pourquoi la question du féminisme et des droits universels importe.
Le féminisme est un combat pour les droits humains universels au sens qu’il vise l’égalité des droits entre tous les humains, indépendamment de leur sexe. Pourtant, en réglant cela dans ses différents textes fondateurs, voilà bien longtemps déjà, les Nations Unies n’ont rien réglé. Bien sûr, la contestation actuelle de la légitimité de l’ONU et son inefficacité récurrente n’y sont pas étrangères. Mais le cœur du problème se situe d’abord dans la capacité de résistance du système patriarcal, une matrice sociale, culturelle, économique et politique qui gère tous les niveaux des relations entre les humains... Ensuite, pour comprendre un peu mieux, il faut écouter aussi le bruit du monde : je veux dire les enjeux géopolitiques multiples du présent, l’hégémonisme du Nord en constant renouvellement, l’aggravation des enjeux de la survie écologique planétaire, et donc l’aiguisement accru des rapports de pouvoir qui en découle, enfin et bien sûr encore, la sortie sans fin de la période des décolonisations, dans sa dimension de succès politique inabouti chez les décolonisés, et de mémoire non soldée entre ex-colonisateurs et ex-colonisés, d’autant moins soldée que les rapports de force transnationaux entre eux persistent en se transformant.
C’est dans ce cadre-là que, bien avant le 11 septembre, les cultures ont ainsi été mises en opposition au concept d’universalité des droits humains, piégeant comme chacun sait la question des droits des femmes. En témoignent notamment les débats politiques autour de la CEDAW, la Convention internationale pour l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes. Le droit pour les Etats d’émettre des réserves sur certains chapitres de sa mise en application avait été finalement accepté par l’ONU. Or, ces réserves ont d’abord été le fait d’Etats autoritaires qui, au nom d’une prétendue défense de leurs cultures nationales, se redoraient pour certains leur blason de manière largement populiste et à bon compte vis-à-vis de leurs peuples, alors même qu’ils les réprimaient et les affamaient de l’autre main. Malgré cela même, une riche querelle intellectuelle a finalement émergé. Non seulement a été posée enfin la question du kidnapping par le Nord des valeurs d’universel au profit de sa seule légitimation. Mais en outre, il est devenu plus difficile à terme de parler des droits humains comme de l’édiction simplement de normes universelles supérieures et contraignantes : les discours des droits humains les plus forts les présentent aujourd’hui, mieux que jamais, comme devant inclure par définition leur propre manuel de transcription, comme devant être corrélés automatiquement à une stratégie d’appropriation et de mise en œuvre par les individus et les peuples eux-mêmes là où ils sont. De ce débat passionnant et houleux, les droits humains universels comme le féminisme sont sortis tous deux relégitimés, et surtout, dotés d’outils supplémentaires de réflexion et d’action. Hélas, la persistance des tensions internationales et leur renouvellement violent depuis le 11 septembre menacent déjà de faire oublier l’essentiel de ces avancées.
Mais le féminisme rejoint la question de l’universel d’une autre manière encore, du moins si l’on se situe dans une perspective d’émancipation politique ou dans une perspective spirituelle. Cheminement philosophique, le féminisme peut être en effet une voie particulière de contemplation de l’universel, un moyen de toucher celui-ci au terme d’un parcours en propre, contemplation du lien social, de ses difficultés et de ses contradictions, examen du mystère de la relation à l’autre. Le féminisme peut être un humanisme. Or, soyons lucides : l’exclusion du pouvoir politique si souvent évoquée à propos des femmes en cache une autre, beaucoup plus tabou en réalité : l’exclusion pour elles du droit au chemin de sagesse, et a fortiori du droit d’exercer une quelconque autorité morale...
C’est ainsi que les voix féministes se retrouvent encore trop souvent à ne pouvoir progresser à travers le monde que par le seul mode du lobbying, quelle que soit l’ampleur initiale de leurs discours. Ce constat cache un échec collectif évident. Le féminisme occidental, par exemple, se remet encore difficilement de ce faux moment d’absolu des années dites de libération, les grandes luttes émancipatrices des années 70. Toutes les libérations ont leurs faux-semblants dangereux qui rendent les lendemains amers. Certes, les avancées de ce féminisme occidental ont été majeures. Mais elles se situent aussi historiquement, géographiquement, socialement, économiquement et culturellement. En outre, les gains concrets de ces luttes, que ce soit dans la société ou l’intimité des foyers et des couples, sont très inférieurs aux espérances portées. Et puis, pour comprendre, il faut évoquer encore les polémiques concernant la « concurrence » que le féminisme a fait vivre aux autres luttes, je pense à la lutte des classes, ou aux luttes nationales de libération par exemple. Certes, le féminisme a accru sa légitimité face à ces autres luttes, dans la théorie au moins, qui n’est jamais sans effet politique. Mais c’est déjà beaucoup moins vrai dans les mentalités. Dans la pratique, au final, les femmes restent ainsi largement renvoyées par leurs sociétés à un problème de type communautaire : enjeux de quotas, obligation « politiquement correcte » de les mettre en tribune ou à l’affiche d’un gouvernement, etc. Les hommes dirigeants traitent pour la plupart la place des femmes comme un sujet contraint !
Une partie des féministes occidentales a, dès lors, au fil du temps, par compensation, stylisé ses luttes de libération passées comme un moment absolu. Au lieu de reprendre de la vigueur face aux défis de la guerre des civilisations et à la visibilité renouvelée des femmes au cœur des polémiques actuelles, au lieu de retrouver leur souffle libertaire initial de contestation de l’ordre moral établi, et leur créativité théorique passée, une partie des féministes a accepté une légitimité à prix réduit… qu’on leur offrait soudain sur un plateau : intervenir aux côtés des grands de ce monde dans l’arène même de la Géopolitique internationale ! Quel dédommagement royal…
Féministes occidentales ou « occidentalisées » en viennent à faire ainsi alliance explicite aujourd’hui en effet avec des Etats pour défendre ensemble l’universalité des droits des femmes. D’une lutte libertaire et de contestation à vocation d’émancipation universelle, ces féministes ont fait une cause civilisationnelle au profit des tendances sécuritaires voire guerrières des pouvoirs dont elles-mêmes dépendent. Les Etats du Nord, ceux-là même dont les dirigeants incluent en ronchonnant la nécessité de promouvoir des femmes à leurs côtés, et les dédaignent souvent dans la pratique, s’approprient pendant ce temps le monopole de l’universalisme et les avancées du féminisme ensemble, eux qui récemment encore ridiculisaient ce dernier... Une large partie des féministes, ainsi amadouées, soutiennent désormais, mieux que jamais, des discours au minimum ambigus, voire explicitement impérialistes, racistes, méprisants ou discriminants à l’égard de communautés, de couches populaires ou immigrées dont elles occultent au passage les dynamiques internes et les luttes. A l’instar des Etats de l’Occident, elles accaparent les valeurs universelles et s’en proclament les seules légitimes gardiennes. Tout cela au nom d’une guerre des civilisations et d’un capitalisme en phase critique, récupérés parfois également sous le vocable pratique de « politiques antiterroristes » ! Mais qu’est allé faire le féminisme dans cette galère ?!
Et pourtant. Malgré ce dévoiement, le féminisme, en tant que bataille particulière pour les droits humains universels, reste riche de pistes utiles nombreuses et prometteuses pour le temps présent. C’est avec cette défense du féminisme que je veux finir. Le féminisme mené à son terme, c’est en effet des droits égaux pour tous, et donc au final la pleine reconnaissance de l’autre. C’est la prise en compte de cet autre, en tant que semblable et autre à la fois, non pas l’autre de la nation ou de la communauté voisines, mais l’autre en tant qu’intime, bref impossible à présenter comme adversaire absolu et durable... Nous touchons ici le fondement même des droits humains, mais aussi le début de la démocratie, de l’humanisme, de la tolérance, du respect, du lien social. Nous voici en tant que féministes à défendre la nécessité de composer tous ensemble pour avancer, non dans une opposition systématique entre les sexes, mais dans une négociation constante, parfois audacieuse et brutale, mais parfois aussi subtile et endurante. Le féminisme porte avec lui finalement dans sa corbeille de mariée non seulement tous les prémices de l’humanisme et de la sagesse, mais aussi les fondements même du politique au sens le plus le plus noble, en tant que négociation de longue haleine doublée d’une visée transformatrice globale.
Deuxièmement, s’il consent à s’appuyer sur les droits humains universels, qui par définition ne souffrent aucune hiérarchie entre eux et sont un impératif constant, le féminisme rappelle en toute logique aux sociétés où il se meut que les droits des femmes ne peuvent passer à la trappe au profit d’autres enjeux qui seraient, comme toujours, « plus urgents », qu’il s’agisse d’enjeux sociaux, économiques, nationaux, religieux, géostratégiques, qu’importe ! Les féministes n’ont pas à rougir d’insister sur les droits des femmes au beau milieu d’une lutte collective d’une autre nature : ce faisant, elles sont dans leur droit, mais en outre, elles pointent du doigt les crispations de pouvoir à l’intérieur de celle-ci, elles empêchent la lutte politique ou le mouvement social concernés de s’enfermer dans une dérive elle-même potentiellement suicidaire, inhumaine, voire totalitaire : sans ces efforts immédiats et constants en faveur des droits des femmes qu’il nous faut savoir mener ensemble, demain, il sera, très probablement, trop tard.
En conclusion, je veux revenir sur l’initiative du GIERFI. Le féminisme musulman n’est pas ce qu’il dit. Il est contraint de répéter qu’il se consacre avant tout à la lecture des textes sacrés, mais en même temps, il est pris dans le nœud des contradictions internationales actuelles, qui ne sont d’ailleurs pas totalement étrangères d’ailleurs à son propre dynamisme. Considéré comme occidental et traître par une partie des musulmans, et comme musulman et donc dangereux par les Occidentaux, il est malgré lui un objet politique international.
Or, entré « presque malgré lui » dans l’arène politique, le féminisme musulman se saisit de l’universalité des droits humains comme d’une valeur qu’il ose s’approprier au nez même de l’Occident judéo-chrétien qui en revendique l’exclusivité, et comme d’un outil aussi pour promouvoir concrètement les droits des femmes en dépit de certaines réticences musulmanes. Tactique, il invoque en outre les droits humains universels pour défendre son simple droit à l’existence en tant que voie particulière du féminisme. C’est une façon notamment de couper court à la peur occidentale de l’impérialisme musulman (le fameux esprit de conquête de l’islam), et en l’occurrence ici à la perversité prêtée au féminisme musulman de vouloir imposer une lecture islamique à tout le féminisme, bref, bien sûr, de le détruire de l’intérieur... Mais ce faisant, le féminisme musulman se met à dos aussitôt une partie des acteurs musulmans qui y dénoncent une trahison, car ceux-là, tout comme de nombreuses féministes du Nord, considèrent eux aussi le féminisme comme exclusivement occidental, et le recours aux droits humains, qui plus est, comme une trahison culturelle, une façon de nier les valeurs de l’islam, perçues comme possiblement substitutives, en tout cas autosuffisantes, en termes d’universalisme. Si alors, pour rassurer et compléter le discours sur ce qu’il est, le féminisme musulman ose rappeler sa foi, et la foi en l’universalisme des valeurs portées par l’islam lui-même, le voici de nouveau renvoyé au mur occidental, celui cette fois de la peur d’une double échelle des valeurs, qu’on appelle parfois aussi le double discours... Le fameux double discours… Quand il s’agit de personnes en position dominante, on parle d’adaptation stratégique, d’incontournable complexité politique. Quand il s’agit de personnes classées par les dominants comme leurs subordonnées ou leurs challengers, on parle de double discours et de fourberie. Deux poids deux mesures. Aux uns, l’intelligence des situations et la négociation politique noble, aux autres la duperie. Qui essentialise qui dans l’histoire ?
Cela dit, cette question de la double échelle des valeurs, religion et droits humains, reste troublante. Non par l’absence de réponses apportées. Il en existe de nombreuses qui sont subtiles, complexes, humanistes et « rassurantes ». Mais parce que la complexité même de ces réponses chahute la sérénité du champ du politique qui lui préfèrerait une uniformité mécanique, avec des valeurs implicites non questionnées. Or, ce qui s’ouvre ici soudain par cette double échelle des valeurs de la foi intime et des droits humains universels, tous deux contraignants, c’est la question métaphysique, au cœur même du politique. Plus qu’un danger majeur, dans le cas du féminisme musulman qui aujourd’hui nous rassemble, c’est cette béance métaphysique soudaine au beau milieu de certitudes convenues qui dérange, comme un chahutage philosophique insupportable, auquel il faut toute la force du politique soudain obligé de se redéployer pour faire face, entre norme à réaffirmer, négociation à mener face à ces nouveaux acteurs, et retour critique enfin sur certains présupposés qu’on croyait acquis et qui sont menacés soudain d’être invalidés. Les chrétiens européens en politique ont vécu peu ou prou la même histoire de méfiance et de dénigrement.
Enfin, il est une dernière sorte de dérangement apporté par le féminisme musulman. Celui, à l’intérieur même du féminisme, de la notion d’égalité. Appuyé sur une culture religieuse historique, le féminisme musulman se rapproche en effet des féminismes du Sud enracinés dans les luttes environnementales populaires portées par des femmes, qui se construisent d’emblée avec la pensée implicite d’une différence entre l’homme et la femme, au regard des rôles dévolus à chacun par la vie. Rien n’est plus déroutant aux yeux d’un féminisme occidental qui se perçoit comme normatif, et qui a grandi dans des sociétés individualistes et largement technologisées, pour ainsi dire humainement abstraitisées. Sans développer davantage, je constate qu’entre ces deux visions féministes de l’humanité existe une ligne de fracture qui est l’objet de méfiances réciproques durables, voire de mépris, et je parle ici pour ma part en particulier des féministes occidentales, quand celles-ci ne cèdent pas sinon à une tout aussi regrettable vision romantique ambigüe qui rappelle notamment les critiques d’Edward Said à propos de l’orientalisme : elles tolèrent ou même vénèrent des initiatives « différentes », mais cachent mal ce faisant une forme à peine déguisée de paternalisme.
Le féminisme musulman peut apporter toutes les preuves de ses fondements, de son intérêt, et de sa beauté. Il reste au final un caillou dans la chaussure du monde. Et pourtant il apparaît bien comme l’une des voies du féminisme en quête d’universel, capable d’aider à définir cet universel plus en profondeur, capable en outre de s’appuyer sur le champ des droits humains pour en faire une arme de transformation politique de l’intérieur même des communautés, sans s’y restreindre ni les figer. Son potentiel critique, l’anomalie qu’il représente dans chacun des « camps » du fait de la période, empêchent enfin de part et d’autre la rigidification des fronts de la guerre des civilisations. Dissidence presque malgré lui, partout où il parle, il est profondément, définitivement, géostratégique… Curieux sort, pour ce qui est d’abord à mon sens au départ un humanisme. Il lui reste en tout cas à travailler au plus près de ces constats. Ce que les fondatrices du GIERFI font subtilement déjà avec force et créativité depuis longtemps. Les résultats leur sont assurés, quand bien même modestes peut-être, et non révolutionnaires hélas sans doute. Ainsi va pourtant le chemin magnifique et ardu du politique, mais aussi de la Connaissance, plus solitaire toujours au final qu’on ne voudrait, mais porteur à terme de changements profonds, et si vous me permettez ce mot issu de ma culture chrétienne qui est une valeur en partage, porteur d’espérance, pour toutes et tous.
Karine Gantin, secrétaire générale de Citoyennes des Deux Rives, est membre du réseau européen Helsinki Citizens’ Assembly
Karine Gantin
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