Source document sonore de Deutsche Welle, 20-02-08
http://www.dw-world.de/dw/article/0,2144,3139079,00.html
Maâti Monjib : Tout d’abord, Al Badil Al Hadari n’est pas un parti islamiste comme les autres. C’est un parti tout d’abord de militants démocrates, de libéraux, et même une partie de sa direction est de gauche, ouvertement de gauche, et donc c’est ce qu’on peut appeler des démocrates musulmans. Je pense que l’Etat n’a aucune raison d’arrêter ces personnalités.
Deutsche Welle : Selon le gouvernement, c’est suite à la saisie d’un important lot d’armes à feu que ce parti a été dissous et aussi compte tenu des liens avérés entre ce parti et un réseau terrroriste.
MM : personnellement je connais deux de ses leaders. Ils n’ont rien vraiment rien à voir avec des réseaux terroristes, autant que je puisse juger par moi-même vu que je ne suis pas dans la police. Mais c’est des leaders politiques qui luttent pour la démocratie et je pense qu’ils ont été arrêtés parce que Moustapha Mouatassime, le leader le plus connu parmi les arrêtés, a toujours lutté pour ce qu’il appelle le pôle démocratique marocain. Le pôle démocratique marocain pour lui doit réunir pour lui tous les démocrates, qu’ils soient d’origine islamiste, ou qu’ils soient de gauche ou qu’ils soient des libéraux. Mais le pouvoir au Maroc ne veut pas entendre parler de cela car cela affaiblira sa position. Parce qu’il y a des leaders islamistes beaucoup plus radicaux mais qui refusent toute collaboration avec la gauche parce qu’ils sont radicaux et qu’ils sont aidés par l’Etat. Ce parti forme au Maroc le pont entre la gauche prodémocratique et l’islamisme prodémocratique.
DW : Pourtant de nombreuses armes à feu ont été saisies lors du démantèlement d’un réseau terroriste lié à ce parti selon le gouvernement.
MM : Autant que je puisse juger, je pense que l’objectif est politique, c’est d’empêcher toute formation de pôle démocratique qui se mettra en face du pouvoir, qui sera assez fort pour revendiquer un amendement constitutionnel qui donnerait le pouvoir au Parlement et au gouvernement.