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Dossier "Le soulèvement des banlieues populaires"
Par Julien Lusson le 18 décembre 2005

Ce nouveau « Dossier d’IPAM » revient sur le « soulèvement » qui a eu lieu dans les banlieues populaires françaises fin octobre-début novembre 2005. Il s’agit d’un dossier documentaire « à chaud », qui a été finalisé au 15 décembre 2005.



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-  Le soulèvement populaire dans les banlieues françaises d’octobre-novembre 2005
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-  Le soulèvement populaire dans les banlieues françaises d’octobre-novembre 2005
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Ce « soulèvement populaire », ce fut ces quelques 15 nuits durant lesquelles, suite à la mort à Clichy-sous-Bois de deux adolescents (et la blessure d’un troisième) électrocutés dans un transformateur EDF où ils avaient trouvé refuge pour échapper à un contrôle de la BAC (Brigade anti-criminalité, police nationale), une partie de la jeunesse française est descendue, par milliers, dans les rues et a mis le feu aux voitures, provoqué des dégâts matériels contre les équipements collectifs (crèche, école, poste, bus, etc.) et s’est affrontée parfois - mais cependant assez peu - aux CRS et autres bataillons de combat de la police française. Ces deux morts ont en effet été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’une légitime colère d’avoir à subir, comme aucune autre catégorie de la population française et sans que cela ne soulève véritablement d’indignation, racisme et brutalités au quotidien, discriminations en tout genre et chômage particulièrement élevé.

Beaucoup se sont scandalisés de la façon dont ces « jeunes » ont exprimé ce ras-le-bol. Pourtant, peut-on réellement s’en indigner, quand on a pu observer que les formes plus policées, plus « classiques » de contestation de cette injustice spécifique qui est faite aux habitantes et habitants de ces quartiers populaires, sont systématiquement disqualifiées, le plus souvent comme « communautaristes », quand elles ne sont pas purement et simplement ignorées ?
Plusieurs commentateurs ont qualifié ces « évènements » de « révolte », de « mouvement de colère » ou de « rébellion », d’« émeutes urbaines ». A la manière du terme de « soulèvement » que nous avons retenu, c’est une façon d’exprimer que ce fut d’abord et avant tout une « explosion » face à une situation profondément injuste et insupportable. Evidemment, la manière de qualifier ce qui s’est passé est importante, et ce débat n’est à coup sûr pas clos. Mais pour notre part, nous ne pouvons pas accepter les termes des pompiers pyromanes de tous bords, parlant de « manipulation terroriste musulmane », « délinquance liée à l’immigration », « violences des délinquants maffieux et des tenants de l’islam politique », « racailles », « voyous », « sauvageons », etc.

Ce dossier se compose de communiqués de presse, d’appels, de lettres ouvertes, d’articles et d’analyses rédigés au cours des mois de novembre et décembre 2005 par divers acteurs sociaux et « intellectuels », dont une majorité participe au « mouvement social et altermondialiste français ». Une grande partie a été publiée dans la grande presse. Ils sont classés par ordre chronologique.

Ces communiqués et articles ne sont pas homogènes, ils dessinent l’espace d’un débat dans lequel, majoritairement, les organisations du mouvement social et citoyen français, ou certains de leur « représentants », se meuvent. Un débat qui montre un accord sur la profondeur du problème, et son rapport à la crise sociale qui ronge la France d’aujourd’hui, mais révèle des désaccords sur plusieurs autres questions : sur les violences et leur légitimité, sur la nature des oppressions en jeu, sur la place du passé colonial de la France dans l’exclusion massive de sa population originaire des anciennes colonies d’Afrique et des Antilles, sur la nature de l’actuel « modèle républicain » français, sur la politique de la ville, etc.

Il va de soi que nous ne partageons pas l’ensemble des points de vue ici recensés (notamment, parce que nous jugeons légitime la révolte de ces « jeunes », considérons que désormais plus personne ne peut nier les discriminations et les exclusions en France, ni la situation spécifique de ces quartiers ghettos, et estimons que la seule solution pour en sortir est de construire des solutions avec les populations concernées, et non pour elles !). Mais nous considérons nécessaire de tenir compte de l’ensemble de ces analyses et de mener à bien les débats qui en découlent, pour renforcer le mouvement social et solidaire et parvenir à agir concrètement en faveur de la solidarité et des droits, contre les discriminations, avec l’ensemble des acteurs concernés.

Ce dossier est complété d’une série de textes et extraits de discours (« Matériaux pour la colère »), caractéristiques d’une certaine manière de penser les problèmes sociaux en France aujourd’hui, en les ethnicisant toujours plus afin de mieux légitimer les exclusions et la répression, et ainsi de perpétuer les systèmes de domination et d’oppression qui les imposent. Si nous les avons placés là, ce n’est évidemment pas parce que nous les trouvons anodins - au contraire ! Mais parce qu’il est utile de les avoir sous la main, pour mieux en déconstruire la logique ou tout simplement à titre d’illustration de certains obstacles, ou de certaines dérives, auxquels nous sommes confrontés pour construire aujourd’hui en France (et sans doute dans le monde) une véritable politique de solidarité pour toutes et tous.

Enfin, en solidarité avec les rappeurs poursuivis pour outrage à la France et incitation à la haine (sic) par quelques preux députés, nous avons placés dans la rubrique « L’amour de la France n’a pas d’âge », quelques extraits du patrimoine littéraire français...

Ce dossier pourra encore faire l’objet de modifications.




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