Le CEDETIM salue la mémoire de Samir Amin

Le CEDETIM salue la mémoire de Samir Amin

Samir Amin (1931-2018), d’ascendance égyptienne et française, africain de cœur et de tous les tiers-mondes, militant altermondialiste de tous les combats contre l’impérialisme et les inégalités.

Il restera évidemment le théoricien du développement inégal. Une explication du monde, de la persistance et du développement des inégalité structurelles dans le système-monde entre le « centre » et les « périphéries », qu’il a  développé dans ses ouvrages des années  1970, comme L’accumulation à l’échelle mondiale (1970),  Le développement inégal (1973), la crise de l’impérialisme (avec A. Faire, M. Hussein et G. Massiah, en 1975), et surtout L’impérialisme et le développement inégal, (aux éditions de Minuit en 1976). Le « tiers-monde » post-colonial  n’est pas sous-développé, il est intégré de force au monde capitaliste , dans un système structurellement inégalitaire de développement du sous-développement. Samir Amin participera au renouvellement du marxisme et explorera des voies qui permettent de comprendre l’évolution du monde et de sa transformation.

Comment rompre  cet engrenage ? C’est l’objet de La déconnexion : pour sortir du système mondial publié en 1986 à La découverte. Mais la chute du bloc soviétique n’a fait que renforcer ce système qui, pour lui est caractérisé par l’extrême centralisation du pouvoir dans toutes ses dimensions, locales et internationales, économiques, politiques et militaires, sociales et culturelles. Certes certains grands pays « émergent », et les rapports de forces se modifient, mais partout se creusent les inégalités, le processus de prolétarisation généralisée et s’aggravent les risques de la crise économique social et écologique constatait-il, en aout 2017 (Pour une internationale des peuples, 16 aout 2017)

Il ne faut pas oublier que Samir Amin  a aussi beaucoup étudié  les sociétés et économies du Maghreb, d’Afrique occidentale, d’Egypte, à partir de son premier livre, L’Egypte nassérienne (publié aux Editions de Minuit en 1964). Il a livré quelques analyses historiques et politiques lumineuses comme, La nation arabe, nationalisme et luttes de classes, aux Editions de Minuit, 1976.

Militant autant qu’analyste ou théoricien, Samir Amin n’a jamais cessé de proposer, d’enseigner et d’agir. De 1970 à 1980, il dirige l’IDEP (Institut Africain de Développement  Economique et de planification) ; il en fait un lieu d’excellence de la recherche africaine en économie politique et un accueil et un refuge pour les intellectuels africains engagés. En 1975 il a été parmi les fondateurs du Forum du Tiers Monde à Dakar.

Il contribue aux travaux du CETRI  (Centre Tricontinental), basé à Louvain-la-Neuve (Belgique) et animé par François Houtart (1925-2017), avec qui en 1996 il fonde le Forum Mondial des Alternatives, basé au Caire. Ce forum sera en 1999 à l’origine d’une initiative Anti-Davos, prélude à ce qui deviendra lors de sa première édition à Porto Alegre en 2001 le Forum social mondial, et bien entendu Samir Amin participera activement aux FSM suivants. Il sera aussi le président du Centre d’Etudes Africaines et Arabes du Caire, correspondant du Forum du tiers Monde de Dakar.

Il écrit des projets et manifestes, après la chute du bloc soviétique sa Critique de l’air du temps en 1997,(à l’occasion du 150ème anniversaire du manifeste communiste)  Pour la Cinquième Internationale, (éditions Le Temps des cerises 2006)., Ses interprétations de la géopolitique, ces propositions font débat dans le monde des militants altermondialistes.

Les mouvements de contestation au XXIe siècle et singulièrement ceux du printemps arabe de 2011 l’interpelle ( Monde arabe : le printemps des peuples ? Le Temps des cerises, 2011), L’Implosion du capitalisme contemporain. Automne du capitalisme, printemps des peuples ? Éditions Delga, 2012).

Jusqu’au bout il participera (en 2018 de Salvador de Bahia à Zagreb) à des débats  et initiatives militantes, ne refusant jamais discussion ou polémique, exprimant toujours sa solidarité, tout en poursuivant études et réflexions. Il appelait quelques mois avant de nous quitter à la nécessaire  mise en route de la construction d’une nouvelle Internationale des travailleurs et des peuples

Samir Amin, notre camarade, a accompagné le CEDETIM depuis sa création, en lien avec un des groupes qui a participé à son lancement, en 1965 à Dakar. Depuis, il a toujours participé aux débats contradictoires qui ont traversé les mouvements porteurs des luttes anti-impérialistes avec le souci constant de l’émancipation, de la libération des peuples et de la solidarité internationaliste.

Le Cedetim, de la « coopération rouge » à l’altermondialisme

Le Cedetim, de la « coopération rouge » à l’altermondialisme

Avec l’aimable autorisation des éditions La Découverte, l’article racontant le Cedetim publié dans « 68, une histoire collective (1962-1981) » , Philippe ARTIERES et Michelle ZANCARINI-FOURNEL (dir.), La Découverte, Paris, février 2008 (848 p., 28 €)

 

68 une histoire collective

Dans les divers courants de l’extrême gauche française des années 1960, la « lutte anti-impérialiste » occupe une place essentielle. Ces engagements de la jeunesse radicalisée et d’intellectuels prolongent ceux de l’UNEF et des « porteurs de valises » contre la guerre d’Algérie, mais c’est désormais bien plus l’impérialisme américain que le néocolonialisme français qui est dénoncé, à travers le soutien au FNL vietnamien ou à la Cuba révolutionnaire et aux guérillas latino-américaines. Comme si l’indépendance formelle des anciennes colonies françaises en Afrique en 1960 et la victoire algérienne de 1962 avaient pour beaucoup de militants tourné la page des luttes anticolonialistes contre l’Empire français. (suite…)

G7, Contre G7 la fin d’un cycle?

G7, Contre G7 la fin d’un cycle?

Retour sur le contre-G7 : de la contestation à l’alternative
Un contre-G7 avec ses richesses et ses polémiques, à comprendre et décrypter.

En tant qu’opération de « com », la prestation d’Emmanuel Macron au G7 de Biarritz était assez réussie. Mais de ce sommet des « sept puissances économiques » et de leurs invités il n’est pas sorti grand-chose, sinon une occupation militaro-policière sans précédent de la région.

Et le « contre G7 » organisé par des plateformes nationale et basque ? Il voulait avec ses rencontres et manifestations construire des alternatives et protester contre des puissances de plus en plus autoritaires et bellicistes, au service des multinationales.

La mobilisation est demeurée inégale, la qualité des débats variable, la contestation frontale avec le G7 jugée par certains insuffisante.

***

Le débat sera introduit par :

Bernard Dreano, président du Cedetim (Centre d’Etudes et d’Initiatives de Solidarité Internationale)

Thomas Sommer-Houdeville, coordinateur Attac pour le dernier contre G7, enseignant-chercheur. Militant altermondialiste.

et il sera animé par
Charlotte Métayer, membre du réseau IPAM (Initiatives pour un autre monde).

 

Entrée libre sur inscription nominative préalable : inscription@gabrielperi.fr

Haïti au-delà du chaos: des bibliothèques pour la citoyenneté.

Haïti au-delà du chaos: des bibliothèques pour la citoyenneté.

Il faut rappeler que Monique Calixte était une militante du Cedetim jusqu’à sa mort brutale en 1995. Haïtienne exilée en France pendant la dictature des Duvalier, elle gardait un attachement indéfectible à son pays où elle a pu retourner régulièrement après la chute de la dictature (1986). En France, outre son militantisme avec le Cedetim, elle a participé, à titre professionnel, à l’aventure de la création de la médiathèque dans le processus d’ouverture de la Cité des Sciences et, parallèlement, à de nombreuses activités culturelle et artistiques, notamment musicales.

Infatigable et rayonnante, elle était chère à une foule de gens. Aussi, à sa mort, nous a-t-il paru indispensable de créer quelque chose en son nom qui soit significatif en Haïti. C’est ainsi que nous avons fondé l’association qui porte son nom et que nous avons contribué à la création de la bibliothèque éponyme à Port-au-Prince, rendue possible grâce à Michèle Duvivier Pierre Louis qui venait alors de créer la Fondation FOKAL. Depuis, la bibliothèque Monique Calixte (BMC) est devenue la tête de pont d’un réseau de bibliothèques animé par FOKAL dans tout le pays. Et l’AMC soutient en particulier deux de ces bibliothèques.

Nous invitons toutes celles et ceux qui ne sont pas trop loin à venir écouter la conférence de Michèle Duvivier Pierre Louis (présidente de FOKAL) et de Lorraine Mangonès (directrice de FOKAL) le samedi 23 mars à 15h au CICP.

 

Syrie, revolution et guerres Comprendre la révolution et les guerres en Syrie, leurs développements, évolution, conséquences

Syrie, revolution et guerres Comprendre la révolution et les guerres en Syrie, leurs développements, évolution, conséquences

Le mouvement populaire pacifique du printemps arabe en Syrie a été confronté à une répression qui a rapidement donné lieu à une réponse militaire évoluant en une (ou dès) « guerre de dislocation » à la fois civile , régionale et internationale. Comment analyser cette évolution, en comprendre les dynamiques, en évaluer les conséquences… dislocation », guerre interne aux multiples acteurs.

https://ue2018.org/spip.php?page=module&id_module=57

Porteurs d’activités

  • Assemblée européenne des citoyens
  • CEDETIM
  • Collectif « Avec la révolution syrienne »
  • Collectif « Pour une Syrie libre et démocratique »